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REFLEXIONS à MEDITER


Cheikh Ahmadou Bamba était-il réellement un Sénégalais ?

Cheikh Ahmadou Bamba était-il réellement un Sénégalais ?

 

 

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Cheikh Ahmadou Bamba est né au Sénégal. Issu d’une lignée peule, il s’exprimait en wolof, était noir de peau et s’habillait la plupart du temps en blanc. Dans ses nombreuses pérégrinations, il a sillonné le Baol, le Djoloff, le Cayor, le Ndiambour, le Sine-Saloum et j’en passe, avant de faire l’objet d’une déportation par l’Administration coloniale vers la forêt inhospitalière de Mayumba (au Gabon) où il vécut près de 8 ans dans des conditions inhumaines. De retour en 1902 sur décision de la même Administration il sera déporté en Mauritanie de 1903 à 1907 avant d’être astreint à une résidence surveillée à Thiéyène Djoloff jusqu’en 1912, puis à Diourbel jusqu’en 1927, année de son rappel à Dieu. 

Au-delà de la communauté mouride, Cheikh Ahmadou Bamba s’impose par sa singularité dans notre pays et au sein du monde noir. Un célèbre chroniqueur a vu en lui un héros national dans une lettre ouverte au Président de la République du Sénégal. Il sera corrigé par d’autres observateurs qui considèrent le Cheikh comme un patrimoine mondial à faire pâlir d’envie bien des sociétés humaines. L’émoi général suscité par sa caricature dans le sinistre magazine Jeune Afrique au mois de janvier 2016 en est une parfaite illustration.

Malheureusement, en parcourant la vie de cet homme, nous avons l’étrange sentiment qu’il n’a de sénégalais que la couleur de peau, l’ascendance et le langage. Il semble avoir simplement vécu parmi nous sans que nous ayons pu mesurer la chance infinie qu’il représente et le modèle qu’il incarne dans tous les domaines de notre vie. En observant le Sénégal et les Sénégalais, il est légitime de se demander si Cheikh Ahmadou Bamba était réellement des nôtres.

La question revêt d’autant plus d’acuité qu’il n’est pas rare d’entendre des analystes de la société sénégalaise s’offusquer de l’absence de modèles pour les jeunes, de la perversion des mœurs, de l’absence généralisée d’ambition, bref d’une crise profonde des valeurs dont personne ne tiendrait encore le remède. Le constat est sans complaisance, mais à y être attentif, les maux dont souffre notre société sont le manque de rigueur, l’absence d’ambition collective, le défaut d’endurance dans l’effort, la malhonnêteté intellectuelle, l’irrespect, la méconnaissance de l’abnégation, la corruption, l’ignorance et j’en passe. De ce triste tableau procède un mieux-être dont nous sommes à la quête et qui semble nous échapper indéfiniment. Nombreux en effet sont les programmes dits de développement implémentés par des dirigeants, parfois ambitieux, qui se sont soldés par des échecs cuisants. Cette situation interroge non pas notre modèle économique, car nous n’en avons guère, mais l’état d’esprit des hommes et des femmes qui font aujourd’hui la société sénégalaise.

Au-delà de la dimension ésotérique insondable de Cheikh Ahmadou Bamba, nous devons interroger les qualités humaines dont il s’est armé pour ériger, en si peu de temps et en ayant vécu seulement 72 ans (dont 33 ans de captivité), un patrimoine aussi gigantesque que celui qu’il nous a légué. Parmi ces qualités indispensables figurent l’ambition, la rigueur, l’éthique, l’endurance et le goût du travail bien fait. A l’évidence, ces qualités ne caractérisent que timidement notre société en 2016.

Concentrons-nous d’abord sur l’éthique, cette notion naguère bien sénégalaise, rendue désuète depuis des lustres. Pourtant le brillant juge Kéba Mbaye, dans une leçon inaugurale de l’année académique 2005-2006 à l’UCAD, nous prévenait en ces termes : « Demandons-nous, chaque fois que nous sommes tentés d’avoir un comportement non éthique, ce que serait la vie si chacun faisait comme nous. Demandons-nous ce que serait une société de délateurs, de profiteurs, de voleurs, de corrupteurs et de corrompus, d’indisciplinés, d’insouciants, d’égoïstes et de fraudeurs. La liste est longue, mais la réponse est une : ce serait une société vouée à l’échec et peut-être à la déchéance et à la misère matérielle et intellectuelle. » Mesurons notre pays à l’aune de cette déclaration certes acerbe, mais oh combien pertinente. Sommes-nous un peuple d’hommes intègres, de disciplinés, de personnes soucieuses de l’avenir, de généreux, de rigoureux et de respectueux de notre prochain ? Il est certain que nous avons encore des efforts significatifs à déployer pour en arriver à ce niveau.

Cheikh Ahmadou Bamba est pourtant un de ceux dont le parcours nous suffit comme modèle, au-delà de nos convictions religieuses et partisanes. Que nous soyons Mourides, Tidianes, Khadres, Layène ou Chrétiens, sa vie demeure une mine de qualités humaines et de valeurs cardinales qui nous font tant défaut dans notre tortueuse marche vers le progrès.

En témoigne d’abord le degré de son ambition. Il en donnera la preuve quand le Prophète Mouhammad (PSL) lui apparut au cours d’une retraite spirituelle à Darou Khoudoss. Le Dernier Envoyé de Dieu était alors venu lui décerner le garde de pôle de son époque (Khutb) alors qu’il n’était âgé que de 39 ans et 8 mois. Rappelons que cette station était la plus convoitée par les engagés dans la voie du Seigneur. Cheikh Ahmadou Bamba remercia vivement le Prophète pour cette distinction, mais lui signifia dans la foulée que son unique ambition était de faire partie de ses illustres compagnons. Et le Prophète de lui répondre qu’un tel statut ne saurait être acquis que par le sang versé. Or la guerre sainte par les armes est révolue. En revanche, le sacrifice peut être remplacé par une somme d’épreuves pouvant conduire à la mort tant elles sont nombreuses et atroces. Suite à cette déclaration, en plus de son ambition débordante, le Cheikh fit montre d’une autre qualité : la détermination. En effet, il dira au Prophète : « je ne suis pas le créateur de mon âme pour savoir ce qu’elle peut supporter, mais si le Seigneur me prête vie, nul doute j’atteindrai mon objectif ». Tel fut le contrat conclu et qui a valu au Cheikh toutes les épreuves qui nous sont racontées sur la vie.

Je dois dire que c’est une détermination similaire qui a animé les 1 500 personnes qui se sont portées volontaires pour creuser le lit du chemin de fer Diourbel-Touba, long de 50 kilomètres dans une période de crise économique ardue (1929). L’Administration coloniale avait lancé ce défi à la communauté mouride tout en comptant sur son échec pour que la mosquée de Touba ne sorte jamais de terre. Mais alors que le délai fixé était de 7 ans, les équipes, sous la houlette de Cheikh Mouhammadoul Moustapha Mbacké, ont bouclé les travaux en seulement 2 ans. Cette action historique témoigne à suffisance du fait que rien n’est impossible à un peuple dès lors qu’il fait usage des redoutables armes de la foi, de l’union et de la détermination.  

La même détermination a caractérisé tous les fils connus et premiers disciples du Cheikh, dont la plupart, avant même d’atteindre l’âge de 20 ans, ont fondé une famille, érigé des centres d’enseignement et d’éducation, investi dans l’agriculture et fondé de multiples localités. Mame Cheikh Anta Mbacké, jeune frère de Serigne Touba, s’est vu confier le village de Darou Salam à l’âge de 17 ans en 1888 quand Khadimou Rassoul décida de fonder Touba. Son bras droit Mame Thierno Brahim avait la trentaine quand il érigea le village de Darou Mouhty – devenu une plateforme économique - dans des conditions particulièrement difficiles. Le regretté Cheikh Saliou Mbacké, dernier fils de Bamba sur terre, a fondé sa première Daara à Loumbel Kaël en 1932 alors qu’il n’avait que 17 ans. Dans les années 70, son frère Cheikh Mourtada mettra sur pied l’Institut Al-Azhar, qui constitue à ce jour le plus grand réseau scolaire privé du Sénégal, avec des centaines d’écoles disséminées dans tout le pays. L’enseignement est dispensé par des professeurs pris en charge sur fonds propres. Nombre de ces apprenants, issus de milieux modestes, sont inscrits gratuitement. Ce réseau profite aujourd’hui à plus de 70 000 élèves.

Dans cette brève énumération, nous ne saurions passer sous silence les réalisations pharaoniques de Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, qui a marqué de manière indélébile l’histoire de notre pays, et les actions, dans un contexte économique autrement plus difficile, de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké (1er khalife) et de Cheikh Mouhammadoul Fadel.

Le point commun des tous ces personnages est le fait qu’aucun d’entre eux n’a vécu plus de 95 ans. Pourtant, dans ce bref passage sur terre, ils ont laissé un héritage gigantesque, qui les rend ainsi éternels dans notre Histoire collective. Ils se sont armés d’au moins deux qualités fondamentales : la force de l’ambition et la détermination.

Malheureusement, au lieu d’en faire des modèles dans notre vie de tous les jours, nous avons érigé ces valeureux citoyens en objets de célébration en nous émerveillant de leurs prouesses. Nous préférons effacer de notre mémoire collective les efforts surhumains qu’ils ont déployés dans des conditions socio-économiques extraordinairement difficiles pour atteindre leurs objectifs. C’est à se demander si nous avons encore le cran, le courage, l’endurance, l’abnégation, la dignité et la détermination nécessaires à ces actions d’envergure. À l’évidence non ! Pire, nous n’essayons même pas, car nous les considérons comme hors de notre portée.

Non contents de ne pas suivre leur modèle, nous profanons ou laissons profaner leurs saintes mémoires en les invoquant dans des situations qu’ils abhorraient au plus haut point. Nous les citons en effet dans les soirées de gala où les filles et les garçons se mélangent dans une volupté et une luxure que la décence nous interdit d’évoquer ici. Il est malheureux de constater que les plus grands « ambianceurs » du pays se disent mourides, de même que les organisateurs des séances de «  battrer » ou l’argent coule honteusement à flots, dans un pays composé de 90 % de pauvres. C’est dans ce même pays que des chefs autoproclamés trônent à la tête de mouvements dits religieux qui n’excellent en réalité que dans l’ambiance mondaine, la luxure et la frivolité. C’est dans ce même pays où sont promus l’argent facile, la médiocrité, l’insulte publique au détriment du goût de l’effort, de la probité morale, de la sincérité, de l’intégrité, de l’honnêteté intellectuelle, de la dignité, du respect et tant d’autres valeurs chères aux sociétés évoluées. Ces qualités semblent devenues de sérieux handicaps dans notre pays. Ce pays dans lequel les modèles sont d’abord médiatiques, peu importe leur moralité.

Nous semblons oublier que les qualités humaines véhiculées par Cheikh Ahmadou Bamba et les siens sont celles qui doivent guider toute société éprise de mieux-être tant sur le plan économique, social que politique. Un célèbre islamologue disait : « les Occidents ont certes renoncé à la foi, mais ils ont conservé certaines qualités humaines fondamentales, incontournables pour le progrès ».

En réalité, la préoccupation première d’un être humain doit être de s’interroger sur le sens de sa vie sur terre et plus concrètement sur son territoire national. Cet auto-questionnement donne un aperçu sur le degré d’ambition d’un individu. Sommes-nous un peuple suffisamment ambitieux ? Il est permis d’en douter. Un proverbe wolof ne dit-il pas : « Njariñ loo fekké ». Une telle maxime enjoint l’individu à n’agir que s’il est certain de pouvoir profiter des fruits de son action. Prenant le contre-pied de cette curieuse assertion, Cheikh Ahmadou Bamba dira : « Si ce n’était pas pour les fils d’Adam, je ne passerais pas une seule nuit sur terre. N’abusez pas de ma condition d’homme noir pour ne pas profiter de moi […]» Et Sergine Bassirou Khelcom d’ajouter  : « Si l’ambition d’un être humain se limite au fait de manger, de boire, de satisfaire ses besoins et de construire un lieu d’habitation pour sa famille alors cette ambition ne dépasse pas celle d’un oiseau, car ce dernier observe le même comportement et a même l’ingéniosité de construire lui-même un nid pour loger ses oisillons ».

Il convient de préciser que l’ambition saine ne va pas sans la générosité, valeur également rare dans nos sociétés. Aucun peuple n’a relevé le défi du progrès en s’enfermant dans une somme d’égoïsmes. L’ambition de Cheikh Ahmadou Bamba n’a jamais pris le pas sur sa générosité. Le vers suivant en témoigne à suffisance : « Détenteur de la Royauté qui transcende la rancune, accorde Ta miséricorde à toutes créatures, Ô Guide protecteur ! » Malheureusement, chez nous, l’égoïsme est, en plus, teinté d’un manque d’éthique destructeur qui conduit les uns à chercher les moyens de duper les autres. Le fameux phénomène du « door marteau » en est une triste illustration.

Faute d’être ambitieux, déterminés et généreux, sommes-nous un peuple rigoureux ? On peut considérer, sans se tromper, que la première preuve de la rigueur chez un être humain est le respect du rendez-vous et de la parole donnée. Il n’est pas utile de nous attarder sur ce point, car nous sommes tous au fait du rapport spécial que nous avons avec le temps. Même dans les pays du Nord « l’heure sénégalaise » s’applique toujours entre nous. Pourtant il ne nous traverse jamais l’esprit d’arriver à un entretien d’embauche avec 1 heure de retard. Pour un peuple musulman à 95 %, cette attitude est plus que problématique, car le Prophète de l’Islam (PSL) nous a indiqué les trois caractéristiques d’un hypocrite dont l’une est le non-respect du rendez-vous.

En observant le décalage entre les agissements d’un grand nombre d’entre nous et les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, il est permis de croire que nous sommes sans doute frappés d’un autre fléau du siècle : l’ignorance. Pourtant, s’il est admis que la culture provient en grande partie de la lecture, les Sénégalais auraient dû caracoler en tête dans ce domaine compte tenu de l’étendue inégalée des écrits laissés par Khadimou Rassoul. Il n’est pas rare d’entendre certains Mourides déclarer que les écrits du Cheikh ont atteint un poids équivalant à 7,5 tonnes. Ce chiffre – que personne ne saurait confirmer si ce n’est l’auteur lui-même – en est devenu un simple objet d’émerveillement. Nous faisons mine d’oublier que Cheikh Ahmadou Bamba a écrit dans tous les domaines de la vie en y consacrant des efforts immenses. Son occupation majeure sur terre a été l’écriture en dépit de sa privation de liberté durant 33 ans. Un ami m’a d’ailleurs surpris un jour en me disant que le Cheikh a même réalisé des poèmes sur la cuisine. C’est dire combien il avait le souci de notre mieux-être collectif.

Pourtant, dans un entretien accordé au Magazine Khidma en octobre 2014, le gestionnaire de la Bibliothèque de Touba se désolait du fait que le lieu est davantage fréquenté par des Occidentaux. Il ajoute que certains Américains, notamment, connaissent mieux le contenu de la Bibliothèque que la plupart des Sénégalais. Il apparait ainsi que nous nous contentons d’un vigoureux « Eskëy !» à chaque fois que le nom de « Daaray Kaamil » est prononcé en nous glorifiant d’être le seul pays au monde à disposer d’une maison dédiée au Coran. Nous semblons oublier que, quelle que soit son étendue, une science n’a d’utilité que pour un individu qui a la rigueur d’affronter ses subtilités au moyen d’un plan de recherche méthodique. Assurément Cheikh Abdoul Ahad Mbacké n’a pas investi des milliards de francs dans ce bijou pour qu’il reste une « merveille mouride », mais pour qu’il éveille les humains autant qu’ils sont. Dans son poème « Matlabul Fawzeyni », Khadimou Rassoul priait Dieu en ces termes : « Fais de ma demeure, la Cité bénite de Touba, une cité de perfectionnement et de redressement, un centre d’enseignement et d’instruction approfondie ». Tel était le seul sens de la démarche de Cheikh Abdoul Ahad. Rappelons que « Daaray Kaamil » comporte des ouvrages dans des domaines aussi divers que la Médecine, la Sociologie, la Géographie, le Droit, les Sciences politiques, l’Histoire, les Mathématiques, le Physique, la Chimie, la Littérature et j’en passe. Rares sont les Mourides qui le savent.

En observant notre pays, il apparait qu’au lieu de saisir ce trésor qu’aucun peuple connu ne détient, nous nous déclarons de la déclaration « Seriñ Tuuba amul moroom ! » quand nous ne nous considérons pas tout simplement comme le peuple élu de Dieu. Il est vrai que Cheikhoul Khadim est une créature à nulle autre pareille. Mais faisons-nous partie des peuples qui donnent l’exemple aux autres ? Nous en sommes très loin. À ce titre, on est fondé pour conclure, au moins provisoirement, que Cheikh Ahmadou Bamba n’était sans doute pas le Sénégalais que nous sommes devenus. Pourtant, « en bâtissant le Sénégal et les Sénégalais de nos rêves, Cheikh Ahmadou Bamba sera incontournable », estime Mamadou Sy Tounkara (Les Septs piliers du Mouridisme, Editions Majalis, p.44).

Auteur: Omar BA - Seneweb.com


16/05/2016
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Lettre ouverte d'un français d'origine sénégalaise à Nadine Morano

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Lettre ouverte d'un français d'origine sénégalaise à Nadine Morano

« La France est judéo-chrétienne et de race blanche », ai-je bien entendu ? Mme Morano, cette phrase est indigne d’une personne qui se dit vouloir représenter le peuple français. L’histoire de la France elle-même dément vos propos. J’y reviendrai.

En tant que personnalité politique, avez-vous dit, vous avez l’obligation d’agir avec la raison même si votre cœur peut aspirer à autre chose ? Ça tombe bien parce qu’en tant qu’universitaire, moi aussi, je me dois d’avoir une distance critique par rapport à moi-même, d’ignorer les aspirations de mon cœur, s’il le faut, pour faire une étude objective de l’objet de mon analyse. Et c’est ce que je vous propose en revenant sur vos déclarations ce week-end.

Avant d’entamer ma réflexion, je tiens à vous rappeler une chose : ces gens qui prennent les bateaux pour venir à l’Europe ont tout simplement le mauvais passeport et sont nés dans le mauvais pays. Tout citoyen français, et ça vous le savez très bien Madame, peut aller au Sénégal, au Maroc, et à beaucoup d’autres pays, quand il veut et sans avoir besoin d’un visas ni d’une quelconque autorisation de la part des autorités de son pays de destination. Arrêtez de crier « ils viennent, ils viennent » tout en essayant d’oublier les citoyens français qui partent chez les autres sans même leur demander leur avis parce qu’ils ont le bon passeport.

Madame la députée, même moi qui suis né dans un village, perdu quelque part au Sénégal, et qui ne compte que sept petites maisons (il s’agit de cases en vrai), je peux vous informer que c’est la station Totale qui vend du carburant à des milliers de chauffeurs sénégalais. Mais peut-être vous ne voyez pas ces autres français qui partent et qui exploitent les autres populations. Vous ne voyez que ceux qui viennent. Charmant l’humanisme !

Parlant d’exploitation, je vous rappelle une phrase que vous avez prononcée lors de votre passage chez Laurent Ruquier : « vous ne souhaitez pas revenir au Franc français ». Et c’est là où vous vous séparez effectivement de Marine Lepen. Mais savez-vous que 14 pays africains utilisent encore le Franc CFA que leur avait imposé le pouvoir colonialiste ? (Franc CFA voulait dire franc des colonies françaises d’Afrique). Si Madame, vous le savez très bien. Vous savez aussi que ces 14 pays sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 50% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. (Pour plus de précisions) ou encore. Cela fait des millions d’euros Madame qui n’appartiennent ni à la France ni au gouvernement que vous avez servi. Mais bon, tout cela vous importe peu.

Si je vous rappelle tout ça, bien que vous le sachiez déjà, c’est parce qu’effectivement il y a parmi « les réfugiés » des migrants économiques, venant notamment d’ l’Afrique de l’Ouest, qui tentent de fuir la misère, peut-être, avec l’espoir de récupérer les réserves qui leur appartiennent et qui se trouvent aujourd’hui sous le contrôle du ministère des finances. Et avant de revenir sur les réfugiés et sur votre fameuse phrase, gardez dans votre esprit que d’ici 30 ans, il y aura 2 milliards d’Africains sur cette planète, et la moitié de ces deux milliards aura moins de 18 ans. Et si vous ne les laissez pas tranquilles, de leur débarrasser du Franc CFA de la même façon que vous ne voulez plus du Franc français, croyez-moi Madame, il y aura là une vraie invasion de l’Europe.

Revenons à la problématique des réfugiés. Savez-vous que, selon les chiffres du Haut-commissariat aux réfugiés, depuis 2011 la Turquie a accueilli plus de 1.900.000 syriens, et le Liban plus de 1.000.000 soit 25% de la population libanaise ? À côté de ces chiffres, savez-vous que les 477906 qui ont traversé la méditerranée représentent seulement 0.1% de la population européenne ? C’est ça que vous appelez un envahissement ?

Madame Morano, vous confondez tout. Comment avez-vous réussi à faire un lien entre le terrorisme et la migration ? Entre le voile intégral et Charlie Hebdo ? « J’avais vu une femme en voile intégral et quelques jours plus tard ça a éclaté à Charlie Hebdo », avez-vous dit ? Quel est le lien Madame ? Rassurez-moi que vous allez très bien. Sinon allez voir un médecin.  Promis, ça vous fera du bien ;)

Moi aussi je peux vous parler des centaines de Charlie Hebdo. Je ne vous parlerai ni de Sétif, ni du bombardement de Haiphong en décembre 1946, ni des massacres en Côte d’ivoire entre 1949 et 1950 (mais vous pouvez vous référer à l’ouvrage de Yves Benoît, Massacres coloniaux.). Non madame, je vais vous parler d’un petit fait divers que vous pourrez lire à la page 77 de l’ouvrage de Benoît que je viens de citer : « Il s’agissait là de tirailleurs sénégalais libérés des camps de prisonniers de guerre allemands, et démobilisés. Débarqués le 21 novembre à Dakar, ils avaient été rassemblés au camp de Thiaroye, à quelques kilomètres de la capitale. Mais ils attendaient de recevoir les arriérés de leur solde et de pouvoir échanger leurs marks. En France, malgré leurs réclamations, on leur a refusé sous divers prétextes [...] C’en était trop. Les tirailleurs protestèrent, manifestèrent sans doute. Aussitôt l’armée française intervint et ouvrit le feu. Combien de morts ? 25, 30, 60, ou plus ? En tout cas, encore un massacre, aisé de surplus puisque les tirailleurs n’avaient pas d’armes »

Si je vous fais part de cette petite histoire, ce n’est pas pour banaliser le drame qu’a connu Charlie Hebdo. Mais je tenais juste à vous dire que de la même façon qu’aucun descendant des tirailleurs ne fait d’amalgame entre le peuple français et l’armée qui a massacré leurs ancêtres, ayez cette même intelligence et arrêtez de perpétuer votre amalgame insupportable.

Encore pour vous en prendre aux musulmans, vous avez posé cette question à Yann. Moix : « savez-vous le nombre de personnes qui ont peur d’aller à la synagogue ? » Des chiffres Madame. On veut des chiffres. Et d’ailleurs, en tant qu’universitaire, je ne saurais supporter l’exploitation politique de la question juive, comme vous avez l’habitude de le faire, pour diviser les citoyens français. Madame, ceux qui ont le plus massacré les juifs ne sont pas des musulmans. Je ne vous apprends pas l’histoire. Et encore une fois en tant qu’universitaire, et ce n’est pas pour banaliser la souffrance du peuple juif, je me dois de rappeler certaines choses. Non il y a mieux : je vais donner la parole à un de mes maîtres, Aimé Césaire : « Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle, qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler et son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 2004, pp.13-14.) »

Revenons à la fameuse phrase. La France est judéo-chrétienne, dites-vous ? Certes l’islam est une religion importée en France, je vous l’accorde. Mais qu’en est-il du christianisme ? Du Judaïsme ? Je viens de voir la carte d’identité de Jésus, et figurez-vous : IL N’EST PAS NÉ Â PARIS. Zut, Moïse non plus. Ni le Bouddha d’ailleurs. Conclusion ? Toutes les religions que vous avez mentionnées sont des pures importations. Je dis ça et je ne dis rien.

Mais ne soyez pas ingrate Madame. S’il y a une chose à laquelle peut s’identifier toute la nation c’est bien la langue française. Mais vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a énormément de mots français qui viennent de la langue arabe. Exemples ? Café, sofa, limonade, gazelle, l’algèbre (et la science d’algèbre d’ailleurs), etc. Oups, j’allais oublier : quand vous prenez votre portable pour textoter ou votre ordinateur pour écrire un mail, n’oubliez pas que vous utilisez des chiffres arabes. Peut-être la race française est une race blanche, comme vous dites, mais cette belle langue que vous parlez, les chiffres que vous utilisez ont d’autres gènes dans leurs veines.

La France est de race blanche avez-vous dit ? Ne vous inquiétez pas Madame, je vous rassure, on a déjà entendu pire. Jules Ferry ne disait-il pas un (28 juillet 1885 ce qui suit ? « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.  Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »

Vous ne pouvez pas nous faire peur Madame, on a déjà connu et entendu pire. Mais je vous rappelle une chose : « Il n’y a pas en France dix familles qui puissent fournir la preuve d’une origine franque, et encore une telle preuve serait-elle essentiellement défectueuse, par suite de mille croissements inconnus qui peuvent déranger tous les systèmes des généalogies. »

Ce ne sont pas mes propos Madame Morano, ce sont les mots d’Ernest Renan (Qu’est qu’une nation ?, Mille et une nuits, 1997, p.15.). D’ailleurs pour lui : « Autant le principe des nations est juste et légitime, autant celui du droit primordial des races est étroit et plein de danger pour le véritable progrès. (p.19) » La raison est que, toujours selon Renan : « Il n y’a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique, c’est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays, toujours selon lui, l’Angleterre, la France, l’Italie (un avis que je ne partage évidemment pas), sont ceux où le sang est le plus mêlé. (p.21) »

Pour conclure Madame la députée, je sais que vous tenez beaucoup à l’Europe et aux institutions européennes. Mais n’oubliez pas qu’aimer l’Europe c’est respecter, au moins, la Convention européenne des droits de l’Homme, y compris l’article IX  selon lequel : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion (dont les musulmans) ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public (et oui Madame, le voile dans l’espace public est garanti par la Convention) ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

Madame la candidate à la prochaine primaire des « Républicains » pour l’élection présidentielle, je sais que vous aimez la France et que vous voulez la servir. Mais n’oubliez pas qu’aimer la France c’est au moins respecter sa constitution dont l’article I stipule que : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion (alors pas de judéo-chrétien ni de race blanche :) Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

Madame Morano, cette lette vous vient de la part d’un jeune universitaire musulman, qui a le même passeport que vous, la même carte d’identité que vous, qui parle la même langue que vous et vit dans le même pays que vous. Sauf qu’il y a un bémol : Il ne fait pas partie de la race blanche. Fait-il partie, malgré ça, de la communauté nationale ?

Sur ce, Madame Morano, je vous souhaite un bon éveil humain !

Seydi Diamil NIANE

 

Doctorant en islamologie à l’Université de Strasbourg

 


29/09/2015
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L’Afrique et les nombres premiers

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Marcus du Sautoy dit ceci : « Les nombres premiers sont les atomes même de l'arithmétique. Ce sont les nombres indivisibles, qu'il est impossible de décomposer sous la forme d'une multiplication de deux nombres plus petits. 13 et 17 sont des nombres premiers, ce qui n'est pas le cas de 15, que l'on peut également écrire en tant que 3 fois 5. Ils sont les pierres précieuses enchâssées dans l'immense étendue de l'univers infini des nombres, que les mathématiciens explorent depuis des siècles. Ils sont pour eux une source d'émerveillement : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23... Nombres hors du temps qui existent dans un monde indépendant de notre réalité physique. Pour le mathématicien, ils sont un don de la Nature ».

C’est avec Euclide d'Alexandrie (-320/-260) avant notre ère, que les théories sur les nombres premiers se mettent en place. Dans « Les éléments » (livres VII, VIII, IX), il donne des définitions, des propriétés et démontre certaines affirmations du passé, comme l’existence d’une infinité de nombres premiers.

« Les nombres premiers sont en quantité plus grande que toute quantité proposée de nombres premiers ».

Il présente aussi la décomposition en facteurs premiers liée à la notion de PGCD. Découvert le 25 janvier 2013, le plus grand nombre premier connu est le nombre premier de Mersenne « 2 puissance 257 885 161 – 1 », qui comporte 17 425 170 chiffres en écriture décimale. On le doit à l'équipe de Curtis Cooper, à l'université du Central Missouri, dans le cadre de la grande chasse aux nombres premiers de Mersenne (GIMPS). Écrits les uns à la suite des autres, ses chiffres occuperaient plus de 4 000 pages en police Times New Roman taille 12.

Il se trouve que les plus anciennes traces des nombres premiers ont été trouvées près du lac Edouard au Zaïre sur un os de plus de 20000 ans avant notre ère. L’os d’Ishango était recouvert d’entailles marquant les nombres premiers 11, 13, 17 et 19, ébauche d’une table des nombres premiers.

Les entailles retrouvées sur l’os d'Ishango ont été mises au jour par l'archéologue Jean de Heinzelin de Braucourt et sont antérieures à l'apparition de l'écriture (3 200 ans avant J.-C.). Certains archéologues, qui admettent que l’Afrique avait une civilisation, l'interprètent comme la preuve de la connaissance des nombres premiers dans le continent noir.

Amadou DIALLO  http://www.amamidoueducation.blog4ever.com/images nombres premiers.jpgimages nombres premiers.jpg


22/08/2015
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Afrique: Dévaluation du Franc CFA ! A qui profite le crime ?

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Afrique: Dévaluation du Franc CFA ! A qui profite le crime ?

             http://www.afriquemergente.com/index.php?option=com_content&view=article&id=495:afrique-devaluation-du-franc-cfa-a-qui-profite-le-crime-&catid=37:economie&Itemid=57

Écrit par Amadou DIALLO     

« J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui ».  Anatole France. Partout dans la Zone Euro on ne parle que de crise, mais celle-ci semble occulter la situation qui se pose dans les pays de la Zone Franc. Cependant elle suscite de nombreux remous dans les pays africains de cette zone sans toutefois provoquer de crise majeure parmi les pays-membres. Ces pays se sont ceux qui ont en commun le franc CFA, lié à la monnaie unique européenne l’Euro par une parité fixe comme ce fut le cas avec le Franc Français.

Dans les milieux « autorisés » de la Françafrique, on apprend que Nicolas Sarkozy doit en partie sa victoire présidentielle grâce à l’argent des Africains qu’il méprise et il veut, semble-t-il la dévaluation du franc CFA selon des rumeurs persistantes. Avec la nouvelle révélation sur le financement de sa campagne présidentielle par Omar Bongo dans un livre paru le jeudi 24 novembre 2011: « Le scandale des biens mal acquis », on comprend pourquoi les dossiers judiciaires sur les biens mal acquis n’aboutissent jamais en France.

C’est Mike Jocktane, ancien conseiller de feu Omar Bongo qui accuse Nicolas Sarkozy d’avoir bénéficié des mallettes et des fonds occultes de la Françafrique. Du coup, les salmigondis et les tergiversations de Robert Bourgi ressemblent étrangement au nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté aux frontières de la France de même que les mallettes bourrées d’argent, avec l’avènement du président Sarkozy, ont été refoulées aux frontières françaises. Oui ! Tous corrompus ! Mais, au détriment de qui ? De l’Afrique, ce pauvre continent tant détesté par les responsables français et les dirigeants africains eux-mêmes !

Ainsi avec les rumeurs persistantes de dévaluation du Franc CFA, avec la complicité des dirigeants africains, ces vassaux des anciens colonisateurs, le Franc CFA sera certainement dévalué le 1er janvier 2012 pour le grand malheur de l’Afrique subsaharienne francophone et au seul bénéfice de la France. Considérant que son baromètre et/ou son arrimage se mesure à l’euro, ça veut dire que, demain le premier décembre 2012, 1 euro correspondra à 1000 francs CFA au lieu de 655,59 FCFA. C’est cet autre Alassane Ouattara, qui en 1994 comme premier ministre de la Côte d’Ivoire, avait monté la dévaluation avec son souteneur et ami Sarkozy ministre du budget et supprimé les accompagnements sociaux qui devaient atténuer la souffrance des populations locales.

Si l’information est confirmée, alors que la dévaluation du franc CFA, en 1994, a fait naître l’espoir de voir les principales filières commerciales boostées, ce fut le contraire qui s’est malheureusement produit. Et par conséquent, ce sont les populations, en premier, qui pâtiront de cet effet. La dialectique selon laquelle la parité fixe entre le franc CFA et l’Euro est avantageuse pour les États de la zone CFA, avec notamment la maîtrise de l’inflation et la stabilité macroéconomique est mensongère que ça soit en 1994 comme en 2012. Tous les économistes, après différents calculs, savent qu’une dévaluation de 20% entraine ipso facto une augmentation des prix de plus de 3%.

C’est pour cela cette possible dévaluation me paraît être un crime économique ; car si en 1994, les pays de la Zone Franc étaient dans le plein marasme économique à cause des ajustements structurels imposés par le FMI plus une baisse du Franc Français entrainant une surévaluation du Franc CFA, les données sont complètement différentes aujourd’hui. L’euro sur lequel le Franc CFA est arrimé est une monnaie forte par rapport aux devises étrangères et la croissance des économies des pays de la Zone Franc varie de 3 à 7%.

Ainsi, on peut dès lors se demander pourquoi une nouvelle dévaluation du Franc CFA et à qui profite le crime ? On peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du Franc CFA est la conséquence de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe et l’Euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers la rigueur dans la gestion de son économie. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon des sources concordantes, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises de la Zone Franc avant qu’il ne soit tard.

Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la Zone Euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone, après les déboires des économies grecques, espagnoles, portugaises etc.…Il s’agit tout simplement pour les pays de la Zone Franc de sauver la Zone Euro des errements de leurs dirigeants. N’est-ce pas le monde à l’enfer, alors même que des pays émergents comme la Chine ou l’Afrique du Sud sont venus à la rescousse de cette histoire de charrue avant les bœufs et de spéculateurs. Encore une fois de plus l’Afrique devra payer.

Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même nous y reviendrons au cours de notre développement. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous silence, tous les nationalistes, « patriotismes » et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité et sa respectabilité. Le mérite de Gbagbo a été de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas avec des méthodes non appropriées de refus de la volonté populaire. Je n’y reviendrai pas.

Cette nouvelle indépendance, après plus de cinquante années de relations économiques avec la France et l’Europe devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français par le billet de la Zone Franc.

En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise c’est-à-dire l’Euro, nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la Zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.

Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions que les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va s’accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront la majeure partie de leur temps à rembourser des dettes. Ainsi le tour est joué et au comble du désespoir l’Afrique de la Zone Franc tombe dans le piège de la dévaluation.

Il se trouve qu’à elle seule, la Côte d’Ivoire conforte en permanence l’état excédentaire des comptes d’opération des pays de l’UEMOA ouverts auprès du Trésor français, condition de base de la garantie de la France au franc CFA. Ce pays a une capacité de plus de 40% sur la manne financière de la zone Franc CFA. Ce pays, tout seul, semble garantir les autres membres de la Zone Franc. La guerre est passée par là et cette capacité de financements est remise en cause et la France ne voudra jamais se substituer, même si il n’y avait pas la pression allemande.

Toutes choses qui font dire que la stabilité économique de la Côte d’Ivoire est nécessaire à la bonne santé financière de l’UEMOA, mais aussi de toute la Zone Franc qui, en réalité, n’intéresse la France que lorsqu’elle est excédentaire pour spéculer sur les avoirs des pays de la Zone Franc. Si dévaluation a lieu le premier janvier 2012, les pays membres de la Zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, ils vont boire le noir jusqu’à la lie. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans quelque jours, le FCFA sera dévalué de nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro pour 655,59 FCFA, passera à 1 euro pour 1000FCFA.

Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région en novembre 2011. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy. « En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores », ajoute toujours le diplomate qui semble être bien informé. D’ailleurs, il assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade, lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.

Depuis qu’Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse exponentielle d’ailleurs pour tous les pays de la Zone Franc. A partir du 1er janvier 2012, ça va être plus grave pour tous ces pays, comme je l’ai déjà dit cela entraînerait une augmentation des prix de de 3 à 4%.

La dévaluation ne peut  être rentable que si les pays de la Zone CFA exportent beaucoup et beaucoup. Mais comme tout le monde le sait, tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson, denrées de première nécessité etc. Compte tenu de leur croissance, de l’accroissement de leurs populations ils ont besoin d’importer d’avantage de produits, et à partir du mois de janvier 2012 si les dirigeants africains de la Zone ne font rien, ça sera 1000 FCFA pour un euro.

Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et les populations devront s’arracher la peau pour arriver à financer un seul repas quotidien! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens vertical, le transport n’en parlons pas pour les pauvres sénégalais de la banlieue qui doivent chaque matin remplir les rues de Dakar à la recherche du repas quotidien. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines victimes de spéculateurs et de l’incompétence de leurs dirigeants.

Ceci est la conséquence des économies extraverties du Continent africain. La plupart des pays du continent n’ont pas encore réussi à tirer un avantage significatif des débouchés commerciaux découlant de l’expansion des marchés et des régimes préférentiels. Ne pas pouvoir transformer sa propre production en produit manufacturier implique l’importation plus que l’exportation et par conséquent, l’Afrique est obligée d’acheter les produits de l’extérieur. Avec une dévaluation, les milliards de francs CFA qui viendront en Europe, permettront à la Zone Euro, très chahutée en ce moment, de pouvoir s’en sortir.

C’est pour ces faits qu’il faut préciser ou repréciser que, les pays africains ne sont pas indépendants, nonobstant bien évidemment certaines tentatives de dirigeants, qui, par peur de perdre leur pouvoir se découvrent comme par enchantement panafricanistes, qui, pour contenter sa population annoncent qu’il faut battre sa propre monnaie. Autant d’exemples ridicules sans véritable volonté politique qui ne sont que des effets d’annonce sans réelle signification. Il apparait aujourd’hui, plus que toujours le salut de l’Afrique est de battre une monnaie commune entre les pays de la Zone Franc après une harmonisation des politiques économiques.

Ainsi donc, pour éviter le naufrage de la France, il faut organiser celui de l’Afrique ? Alors que les Africains ne sont pas à l’origine de la chute probable de la France avec notamment la perte annoncée de son « triple A » résultant de la mauvaise gestion de ses autorités, ce sont les plus faibles, en l’occurrence les Africains, qui doivent trinquer et venir à la rescousse. Ce constat amer fait qu’il est plus que jamais urgent pour les pays africains sous le joug français, de s’unir et de quitter la Zone CFA. C’est une évidence sinon une urgence. Le mensonge a une fin pour laisser place à la vérité.

Les Failles du système.

Comment expliquer la non-interchangeabilité du franc CFA de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale « Cemac » et celui de l’Union économique et monétaire ouest-africaine « UEMOA » ? Or, d’un pays à l’autre, l’euro circule, à part en Angleterre qui a conservé sa Livre sterling « £ ». Autrement dit : il est impossible de partir d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, à Yaoundé, au Cameroun, avec ses francs CFA émis par la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest « BCEAO ». Quelle incongruité.

« Quand l'euro baisse, c'est bon pour la Zone franc, surtout pour les exportations, estime Jean-Michel Severino, le directeur général sortant de l'Agence française de développement (AFD). Les pays-membres ont intérêt à rester rattachés à la zone euro tant que cette monnaie est  faible, souligne-t-il, car ils ont des échanges extrêmement importants en dollars et en euros ».

Et de préciser à l’agence MFI que le groupe CFA a une particularité que n'a pas la zone euro : la part des échanges dans le PIB est beaucoup plus importante, d'autant plus que d'une manière générale les pays africains ont tendance à importer en euros et à exporter en dollars.

Des « gens souhaitent que le CFA flotte librement ».

Jean-Michel Severino n'est toutefois pas contre un assouplissement des taux de change « pour donner des possibilités d'adaptation et de fluctuation beaucoup plus rapprochées que les dévaluations ou réévaluations qui doivent régulièrement se faire ». Et d’ajouter : « actuellement, le CFA fluctue contre toutes les monnaies du monde sauf l'euro... Il y aurait un sens, au moins pour une période intermédiaire assez longue, à avoir une monnaie dont la parité est fixée contre un panier de monnaies, ce qui permettrait d'amortir les chocs ». Il admet que des « gens souhaitent que le CFA flotte librement »… mais que le sujet n'est pas véritablement à l'ordre du jour.

Les ministres des Finances des pays de la Zone franc, qui se réunissent deux fois par an, alternativement en France et en Afrique, n’ont pas pu tenir leur dernière réunion, prévue au Tchad… annulée en raison des cendres émises dans l'atmosphère par le volcan islandais qui a bloqué le trafic aérien. Pour mémoire,  la Zone franc regroupe 14 pays d'Afrique sub-saharienne, les Comores et la France. Les francs CFA et comorien ont été ancrés au franc français avant de l'être auprès de l'euro. Les banques centrales des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale ainsi que des Comores, membres de la Zone, disposent de comptes d'opérations garantis par le Trésor français.

Des réserves estimées à 5 000 milliards de francs CFA.

Des dirigeants et analystes africains ont périodiquement critiqué la dévaluation du CFA dans les années 1990 - qui a toutefois permis de juguler l'inflation -, et ont mis en cause le fonctionnement même de la Zone franc. La coopération monétaire entre la France et les pays africains de la Zone franc est régie par quatre principes fondamentaux : garantie de convertibilité illimitée du Trésor français ; fixité des parités ; libre « transférabilité » et centralisation des réserves de change. En contrepartie de cette garantie, les trois banques centrales sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor français sur leurs comptes d'opérations.

Ainsi, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a récemment posé le problème de la garantie par la France du CFA, en particulier la gestion par le Trésor français des avoirs en devises étrangères des pays de la Zone franc. Il s'est dit préoccupé par le fait que des réserves estimées à 5 000 milliards de francs CFA se trouvent dans les places boursières internationales alors que les pays-membres peinent à trouver des financements. Ce même Abdoulaye avait considéré le FCFA comme une monnaie de singe, et depuis qu’il est au pouvoir il n’a mené aucune démarche dans le sens de l’indépendance financière des pays de la Zone.

« C’est aux États concernés de prendre leurs responsabilités ».

Réagissant à ces critiques, l’ancienne ministre française de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, a répliqué que la France permet au franc CFA d'avoir une convertibilité, et surtout une stabilité. Dans une interview à l'hebdomadaire Jeune Afrique, elle a ainsi estimé qu’il appartient aux pays de la Zone franc de prendre leurs responsabilités pour renoncer à la garantie de leur monnaie par le Trésor français : « Ce n’est pas à la France de déterminer si le système actuel est approprié ou non. S’il faut en sortir ou pas. Cette époque est révolue. C’est aux États concernés de prendre leurs responsabilités ».

Et pour Jean Michel Severino : « On est encore à des kilomètres avant de parler d'un décrochage, malgré les déclarations et les critiques. (…) D'autant plus qu'il est très difficile de se mettre d'accord à 14 ».

Certains analystes sont aussi favorables à des taux de change différents entre la zone d'Afrique centrale, riche en pétrole, qui se porte relativement bien, et celle d'Afrique de l'Ouest, plus fragile. Des pays de l’Afrique de l’Ouest, censés être des moteurs de la Zone franc, par leur dynamisme économique, ont connu des difficultés politiques et la mauvaise gouvernance financière, qui font que l’environnement monétaire s’est considérablement dégradé.

Le passage à une monnaie africaine ne peut donc se faire sans l’assainissement des économies de la zone monétaire, soulignent des experts partisans d’une monnaie africaine qui reposerait sur les matières premières dont regorge le continent.

Cinq pays de l’Afrique de l’Ouest non membres de la Zone franc, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Gambie et la Guinée, ont annoncé leur intention de créer une monnaie commune, l'Eco. Mais sa mise en circulation prévue à l'origine en 2009 a été reportée à 2015.

L’Eco entre dans le cadre du projet de création d’une monnaie unique commune aux 15 pays-membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce projet est toutefois jugé irréalisable par certains experts internationaux qui ne voient pas comment les pays de la Zone franc, même membres de la CEDEAO, pourraient avoir deux monnaies ; d’où l’obligation pour les pays de la Zone Franc de créer une monnaie commune aux deux zones. Cependant, à trop vouloir nier la réalité, elle finit par se venger.

 

NB/ Cet article je l’avais publié il y a plus de deux ans et à chaque fois que l’Euro baisse ou fluctue on pense à dévaluer le franc CFA. Merci de bien méditer sur les conséquences. Nos économies sont-elles prêtes pour une nouvelle dévaluation ?

 

Amadou DIALLO


22/08/2015
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Prise d’otages à Vincennes : le complot démasqué ou Amedy Coulibaly : un innocent sacrifié

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Prise d’otages à Vincennes : le complot démasqué ou Amedy Coulibaly : un innocent sacrifié

Amedy Coulibaly, assassin d’une policière, le 8 janvier 2015 à Montrouge et auteur d’une prise d’otages le lendemain à Vincennes, nous y avons cru grâce au rôle joué par les médias. Quand il a été abattu par la police le vendredi 9 janvier, ces médias ont rapporté, je cite : « Le terroriste tire au coup par coup avec son fusil Kalachnikov en direction des forces spéciales. Puis, il repart dans le magasin et tire de nouveau. », « Dans un sursaut désespéré, Amedy Coulibaly se lance aux devants des policiers avant d’être criblé de balles et de s’effondrer… », « Le terroriste est mort les armes à la main, en fonçant sur les forces de l’ordre. »

Un vidéo amateur filmé par un témoin, dans l’immeuble juste en face du lieu du drame, probablement avec un téléphone mobile, remet tout en question. Cette vidéo a été diffusée par certaines chaînes de télé et a circulé sur le Net avant d’être censurée. On y voit clairement que le terroriste n’a pas tiré une seule balle, n’avait pas d’arme en main, n’avait foncé sur personne, mais cherchait juste à sortir et… il avait les mains liées. Menottées ou ligotées, peu importe. Il avait un fusil en bandoulière, sans doute une Kalachnikov et les mains liées devant lui. Ça, c’est une évidence pour quiconque regarde attentivement cette vidéo. Il se dirige vers la sortie, la tête baissée, comme quelqu’un qui se sauve lors d’un incendie. C’est alors que les policiers lui tirent dessus, à bout portant. On voit que quand il est projeté dans l’air par des dizaines de coups de feu pour tomber lourdement sur son dos, et même quand il est allongé par terre, mort sans doute, ses mains restent jointes. Avez-vous jamais vu une personne tomber ainsi suite à des coups de feu ? Même quelqu’un qui glisse, sépare instinctivement ses mains pour amortir sa chute. Aussi, on voit clairement sur la vidéo que son fusil n’est pas dans ses mains, mais accroché à lui. Il saute, le fusil saute avec lui, il tombe, le fusil tombe avec lui, pendant toujours au niveau de sa cuisse, sur le côté, presque derrière son dos. Malgré les 60 coups de feu qu’il a reçus, le fusil reste accroché à lui. Nul ne peut regarder cette vidéo et nier cela. D’autres chaînes de télé ont diffusé ces images, mais en supprimant la partie où l’on voit que le terroriste a les mains liées quand on lui tire dessus. Leur argument : image violente et choquante. Ça ne dure que quelques fractions de seconde et l’on n’y voit ni sang ni tête qui explose, juste un homme qui tombe, les mains liées. Les images du World Trade Center, elles, étaient violentes et choquantes, avec tous ces gens qui sautaient par les fenêtres, et pourtant les chaînes de télé les diffusaient en boucle. Et que d’horreurs ne diffusent-ils pas en disant : « Attention ! Images sensibles » ? Même sur le Net où il y a de tout, ces fractions de secondes sont apparemment traquées et supprimées. Cette vidéo est encore sur quelques rares sites rescapés. Que ceux qui peuvent l’archiver, le fassent sans tarder. (Il y a une erreur sur la date. C’est le 9 janvier et non le 8 janvier, mais ce n’est pas ça l’essentiel). http://www.sunuker.com/2015/01/12/amedy-coulibaly-le-preneur-dotage-abattu-les-mains-menottes/

Il y avait des dizaines, voire des centaines de journalistes. Ils ont été évacués le plus loin possible. « Méthodiquement, tandis que les sirènes retentissent sur le boulevard, de petits groupes de policiers entrent dans les immeubles qui font face au site de la prise d’otages. Appartement par appartement, ils font redescendre les cameramen et les autres journalistes… » Mais « certains se sont étonnés de la présence d’un cameraman de France 2 posté très près des forces de l’ordre autour de l’hyper casher. » BFM TV a ravi la vedette à tous les autres. En se mettant miraculeusement au cœur de l’histoire, elle correspondait avec tous les terroristes de ces trois jours et donnait les informations. Après la mort de Coulibaly, on pouvait lire sur Linternaute.com : « 18h05 – A Paris, porte de Vincennes, Amedy Coulibaly n’était pas le seul preneur d’otages rapporte BFM TV. Le corps de son complice a été retrouvé à ses côtés dans l’épicerie.» Mais sur la vidéo amateur, Coulibaly est abattu tout seul en voulant sortir de l’épicerie. Néanmoins, dans une émission de BFM TV, il est dit que les otages libérés ont parlé de l’arrivée de deux hommes : Coulibaly et un autre… Et sur I TELE : « Patrice Walid, propriétaire du supermarché Hyper Casher, a été grièvement blessé dès le début de la prise d’otages. » Le soir même, devant les caméras, Joël Walid, son frère, témoigne : « Une des personnes qui rentraient était venue repérer l’endroit, il y a une semaine. Donc, il avait fait tout un tour, il avait vu et puis mon frère lui a demandé ce qu’il faisait là. (…) Il lui a dit : « Vous cherchez quelque chose ? » Il était très poli avec lui. Il dit : « Non, je regarde. » Il est ressorti… Il (mon frère) l’a reconnu tout de suite. Quand il a vu qu’il l’a reconnu, il lui a tiré dessus. Il a pris sa balle dans le bras gauche… Ça va. Tout va bien. Il a son bras qui est complètement déchiqueté. C’est pas grave. On est en train de lui enlever la balle. » Et des journalistes d’écrire : « Amedy Coulibaly était déjà venu repérer les lieux une semaine plus tôt et le propriétaire l’a reconnu dès son entrée dans le supermarché ce vendredi 9 janvier. » Relisez bien ou regardez la vidéo. Joël a dit « une des personnes » et non Amedy Coulibaly : http://www.itele.fr/france/video/coulibaly-avait-fait-un-reperage-dans-le-supermarche-casher-107116

Soudain, comme s’il y avait des combats acharnés, on entend quatre explosions de grenade dans la rue, alors que le rideau est encore fermé. Sur la vidéo, on voit des dizaines de policiers en uniformes noires se ruer vers la porte de l’épicerie dont le rideau métallique s’ouvre au même moment. Qui avait fermé ce rideau et qui l’a ouvert ? On peut supposer que c’est Amedy qui avait donné l’ordre à l’un des otages de baisser le rideau. Sauf si ce petit magasin avait un système électronique permettant de fermer le rideau à distance, n’importe quel otage en aurait profité pour prendre ses jambes à son cou. Et qui l’a ouvert ? Sur la vidéo, c’est comme du « Sésame, ouvre-toi ». Sur BFM TV, on avait déclaré que c’est Lassana Bathily, employé de l’épicerie, qui avait donné aux policiers la clef pour ouvrir le rideau. Le récit du concerné ne confirme pas cette information.

Les médias rapportent qu’Amedy Coulibaly a commencé à tirer dès qu’il est entré dans l’épicerie, à 13h, tuant trois personnes sur le champ. Sur la vidéo, dès que le rideau se soulève, la première chose que l’on voit de la rue, c’est un cadavre à quelques pas de la porte. Donc, tous les passants pouvaient le voir si le rideau était resté ouvert. Amedy avait-il immédiatement refermé le rideau métallique avant de poursuivre sa tuerie ?

« France 2 », dont un caméraman était aux premières loges alors que tous les autres journalistes étaient repoussés au loin, au lieu de montrer ce que ce caméraman avait filmé, a préféré diffuser les images amateur, mais avec un surprenant commentaire :

« C’est un habitant qui filme. L’assaut est donné sur le supermarché. Le rideau automatique se lève doucement. On aperçoit un corps à terre. Les hommes du RAID tentent de pénétrer dans le magasin. » Comment ça, « tentent » ? On tente quand il y a un obstacle, une chance de ne pas y arriver. Sur la vidéo, avant même que le rideau ne finisse de se lever, un policier entre dans le magasin comme dans un moulin, et se dirige vers la droite. Pourquoi un seul policier est entré, s’il y a un forcené lourdement armé qui l’attend ? « Le preneur d’otages ouvre le feu », continue France 2. Sur les images, ce qui est frappant, c’est que personne ne tire de l’intérieur. Ce sont les policiers qui ouvrent le feu avant même que le rideau ne finisse de se lever, des rafales de balles. Des balles en blanc, je suppose car des policiers ne tirent pas aveuglément dans un lieu où il y a des otages. En vérité, on se demande sur quoi ou sur qui ils tirent. Si ce sont des balles réelles, on peut alors les soupçonner d’avoir tué des otages. On nous dit que les quatre victimes ont été tuées par Amedy, avant l’assaut, sans aucune analyse balistique. « France 2 » continue : « Les forces de l’ordre ripostent abondamment. » Eh bien ! Personne ne leur tire dessus et ils ripostent. Le commentaire le plus hallucinant se trouve dans le journal « Le Parisien » qui écrit, en parlant des images : « On y voit ensuite un échange de tirs entre Amedy Coulibaly et la police. Le terroriste tire au coup par coup avec son fusil Kalachnikov en direction des forces spéciales. Puis, il repart dans le magasin et tire de nouveau. » Cela n’est pas sur la vidéo. Soudain, il y a une accalmie de quelques secondes. Au fond du magasin, sur le côté gauche, deux formes humaines se déplacent furtivement, mais sans précipitation, l’une derrière l’autre. « France 3 » dit : « Au fond du magasin, on peut apercevoir un homme surgir. » « Bouger » ou « se déplacer » semble plus approprié que « surgir », sans oublier que l’on aperçoit deux silhouettes au lieu d’un homme. « France 2 » va plus loin : « Après quelques secondes, on aperçoit clairement le terroriste… » Ici, il y a une coupure sur la vidéo. (Qui peut trouver l’originale dans son intégralité ?) Sur la séquence suivante, on voit un homme surgir du côté droit, près de la porte, à l’opposé de là où se trouvaient les deux silhouettes. Il a la tête baissée, les avant-bras contre le visage, comme pour se protéger de la fumée des grenades, et cherche à gagner la sortie. « France 3 » commente : « Des grenades sont lancées pour stopper sa route. Le forcené armé est immédiatement stoppé par des dizaines de coups de feu. » Et France 2 : « (On voit) le terroriste se jeter sur eux, arme à la main. Il est abattu. » « France 2 » a supprimé les fractions de seconde où l’on voit l’homme tomber, mais « France 3 » les a diffusées. Cet homme, vous l’avez bien vu, n’avait pas l’arme à la main. Il avait les mains liées.

Si, malgré les images, l’on veut nier qu’il avait les mains liées, quelques questions pertinentes se posent. Comment un terroriste bien armé, qui détient plus d’une vingtaine d’otages dont il a déjà tué quatre, peut-il les laisser derrière lui pour foncer seul sur des dizaines de policiers, sans tirer le moindre coup de feu ? Logiquement, il devait se servir de ses otages comme bouclier, d’autant plus que les policiers ont ouvert aveuglément le feu dès que le rideau s’est levé. Qui sont ces deux silhouettes aperçues sur les images ? Le plus intrigant reste le policier qui est entré seul dans le magasin. Là où il s’est dirigé quand il est entré, vers la droite, c’est de là qu’est sorti le terroriste. Ils se sont donc, au moins rencontrés. Et forcément, l’un d’eux a tiré sur l’autre. Comme c’est le terroriste qu’on a vu arriver, le policier doit être la victime. Mais le terroriste, il faut vraiment être de très mauvaise foi pour le nier, avait les mains liées…

On nous informe que Coulibaly est entré dans l’épicerie avec plusieurs kilos d’explosifs, un fusil d’assaut kalachnikov (certains disent deux kalachnikovs), deux pistolets mitrailleurs Scorpions, deux armes de poing russes Tokarëvka, des minutions, un couteau, une caméra GO Pro et un ordinateur. Et il portait un gilet pare-balles. Avec tout ça, comment est-il arrivé au supermarché ? A pied, en métro, en taxi… ? Difficile de passer inaperçu avec tout cet arsenal sur soi, même si ce n’est que pour parcourir quelques mètres. Ah ! On nous dira plus tard que « c’est avec une voiture au nom de sa femme, qu’Amedy Coulibaly s’est rendu sur les lieux de la prise d’otage. » Donc, pendant quatre ou cinq heures, les policiers qui sont forts à trouver des indices et si prompts à transmettre leurs découvertes à la presse, n’avaient pas remarqué cette voiture forcément garée sous leurs yeux. En tout cas, avec tout ça sur lui, il a quand même réussi à tirer dès son entrée dans l’épicerie ou avant même d’y entrer.

« Romain, vendeur dans un magasin d’électronique, fume une cigarette sur son balcon. Du dixième étage de son grand immeuble, pas grand-chose ne lui échappe. « A un moment, j’entends des coups de feu, raconte-t-il. Je vois deux personnes, dont l’une semble blessée au bras, se précipiter sur une voiture de police qui se trouvait là.» le journal « Libération » qui rapporte ce témoignage, ajoute : « Quelques instants plus tard, d’autres détonations se font entendre. Amedy Coulibaly vient de pénétrer dans l’Hyper Cacher et d’y faire ses premières victimes. » Le témoignage de Romain est crédible. Il corrobore celui de Joël Walid cité plus haut. L’homme blessé au bras était donc Patrice Walid, propriétaire de l’épicerie. Mais qui est donc l’homme qui était avec le blessé ? Un passant ? Un terroriste ? Lui, avait sûrement tout vu de près. Un important témoin dont personne ne parlera. Pourquoi ? Question plus pertinente : une voiture de police étant présente dans les lieux, pourquoi laisser le ou les terroristes entrer tranquillement et continuer le massacre ? Aussi, on nous dit que Coulibaly tuait quiconque tentait de sortir, mais Patrice, il le blesse juste au bras et le laisse s’en aller. Et puis, pourquoi les journalistes, si efficaces quand il s’agit d’interviewer les témoins, n’ont-ils pas contacté Patrice qui a vu deux fois le tireur ?

D’après « Le Parisien », « Dans l’épicerie, la police constatera que l’une des portes était piégée avec plusieurs kilos d’explosifs et retrouvera plusieurs armes. » Tenez. Pourquoi une seule porte ? François Molins, procureur de Paris, déclare qu’Amedy Coulibaly avait disposé « quinze bâtons d’explosifs dans le magasin et un détonateur. » Un terroriste méthodique et bien organisé, qui avait fait un repérage des lieux une semaine auparavant, avait un arsenal de guerre avec lui, mais ne piège qu’une porte de secours. Pourquoi pas la porte principale par où les policiers sont entrées ? Même le plus idiot des terroristes aurait piégé toutes les portes, surtout l’entrée principale. C’est une question de bon sens. On nous dit que les policiers savaient que le magasin était piégé. Donc, ils devaient supposer qu’il y avait des explosifs derrière la porte. Quand on regarde les images, on voit que ces gens n’étaient pas inquiétés par des explosifs. On ne se masse pas devant une porte qu’on soupçonne piégée. On se met au loin et on envoie un robot. Et pourquoi il n’y a pas eu d’explosion ? On nous explique qu’il « n’avait pas relié les explosifs ». Quel professionnalisme ! Il a des kilos de dynamite, il ne piège qu’une seule porte et il oublie de relier les explosifs.

Le plus délirant, ce sont les témoignages recueillis par certains journalistes. « Europe 1 » rapporte le récit d’une nommée Sophie. D’après « Atlantico » qui reprend l’information, « En entrant dans le magasin, elle a indiqué avoir vu un cadavre. » Dans ce cas, il ne peut s’agir que du cadavre qui est près de la porte et que sur la vidéo, on voit même de l’autre côté de la rue. Une femme va faire des courses dans un supermarché. Il y a un cadavre à quelques pas devant elle, mais elle entre quand même. Le journal explique qu’elle a été contrainte par le terroriste qui la menaçait. Où étaient alors les dizaines d’otages ? Près de la porte eux aussi ou seuls au fond de la salle ? D’après « Europe 1 », qui précise que c’était vers 13h, Sophie a dit : « Quand je suis arrivée à l’entrée du magasin, j’allais rentrer dans les rayons. J’ai tourné ma tête vers la gauche, tout de suite à l’entrée. Je suis tombé sur le cadavre d’une personne, assise, la tête penchée. » Sur les images, la personne que l’on voit, est allongée sur le dos et les morts ne se déplacent pas pour changer de position. Mais l’essentiel n’est pas là. Quand Sophie arrivait, le propriétaire, Patrice Walid, était déjà blessé au bras et acheminé vers une voiture de police. Et le terroriste avait déjà tué au moins une personne. Des détonations avaient été entendues. Mais le rideau était toujours ouvert et les clients pouvaient entrer. Pourquoi donc les policiers n’étaient-ils pas intervenus ? Attendaient-ils des ordres pendant que des gens étaient tués sous leur nez ? Ah ! La voiture de police était peut-être vide. Mais dans ce cas, la personne qui était avec Patrice avait forcément appelé la police… sauf si elle était de la police. Notons que Sophie n’avait donc pas entendu les assourdissants coups de feu sinon elle ne serait pas entrée. Elle est donc arrivée au moins cinq ou dix minutes plus tard.

« Europe 1 » poursuit : « Le temps que je réalise ce qui se passe, j’ai levé la tête, en face, et j’ai vu le terroriste qui m’a dit : « Tu rentres tout de suite ! » Il était armé jusqu’aux dents, avec deux Kalachnikov. Je n’ai pas pu faire marche arrière, j’étais vraiment à l’entrée, j’ai dû rentrer » raconte Sophie. Au total, la prise d’otages a duré quatre heures. Quatre heures de cauchemar pour Sophie et les autres otages. « Une personne a voulu partir : il lui a tiré dans le dos. […] Coulibaly a posé une de ses armes automatiques. Le jeune homme qui était en face a pris le fusil d’assaut et a voulu lui tirer une balle, lui a été plus rapide et il lui a mis une balle dans la gorge. Le pauvre jeune homme est tombé… », se souvient Sophie en sanglots. Au bout de quelques temps, Amédy Coulibaly lui demande d’aller chercher les clients qui s’étaient réfugiés en bas, dans la chambre froide. »

Comment Amedy Coulibaly pouvait-il savoir qu’il y avait des gens dans la chambre froide, au fond du magasin ? D’après tous les témoignages, ces gens étaient descendus dès les premiers coups de feu à l’entrée. Et quand Sophie est arrivée, au moins cinq ou dix minutes plus tard, Amedy était encore près de la porte d’entrée. Il ne pouvait donc le savoir que s’il avait un ou plusieurs complices à l’intérieur. Oui, les témoins rapportent qu’une femme était descendue pour parler à ceux qui étaient dans la chambre froide. Selon « Libération » un témoin nommé Nessim Cohen raconte : « Ce vendredi, je me suis rendu au supermarché avec ma compagne pour faire quelques petites courses avant la fermeture du magasin. Il y avait pas mal de monde aux caisses et dans les rayons. Soudain, j’ai entendu une très forte détonation. Pratiquant le tir sportif, j’ai immédiatement pensé à un coup de feu. Des gens ont foncé vers le fond du magasin ; mon amie et moi les avons suivis, descendant dans la réserve qui donne elle-même sur une chambre froide. Nous nous y sommes retrouvés à une petite dizaine, avec des femmes et un enfant. Au bout de cinq minutes, une employée du magasin est descendue : elle nous a dit que si nous ne remontions pas, le terroriste allait tuer tous les gens qui restaient là-haut. » Ce témoignage démolit celui de Sophie. Cette dernière est arrivée sur les lieux au moins cinq minutes après cette forte détonation. Puis, armé de deux Kalachnikov, Coulibaly la braque pour l’obliger à entrer. Ensuite, il tue quelqu’un qui tentait de sortir. Puis, il pose une des ses armes et tue la personne qui s’en empare. Au bout de quelques temps, il dit à Sophie d’aller chercher les gens réfugiés dans la chambre froide. Tout cela doit prendre au moins une demi-heure.

Si c’est Sophie qui était envoyée à la chambre froide, qui est-elle donc ? Parlant de cette femme, « Libération » écrit dès le lendemain : « Apparemment une femme qui aurait accompagné Coulibaly pendant la prise d’otage et serait sa complice est descendue les voir, leur a demandé de remonter en leur parlant « gentiment ». Ils ont refusé et ont refermé sur eux la porte de la chambre froide, où ils sont restés. » On pense bien entendu à l’épouse de Coulibaly. Seulement, voilà. Comme le dit Nessim Cohen, cette femme est une employée du magasin. Un autre employé du magasin, Lassana Bathily, la mentionne en disant « ma collègue ». Pourtant, Sophie ne démord pas et continue : « Dans l’escalier, le papa du garçon est monté avec un extincteur, et il commençait à le dégoupiller. Il me dit : « Je dégoupille, je vais le mettre sur lui. » J’ai dit : « Vous ne faites rien ! Il vient d’en descendre un devant moi, vous ne faites rien ! » Ce papa s’appelle Ilan. Mais être en sécurité au sous-sol avec son enfant et l’y laisser pour prendre un extincteur et aller attaquer un terroriste armé jusqu’aux dents…

 

Qui peut y croire ? Les médias rapportent qu’Ilan et « les autres otages cachés resteront dans la chambre froide pendant près de cinq heures. » Le témoignage de Sophie n’est donc pas crédible, mais présente Amedy Coulibaly comme un terroriste musulman fanatique, affilié au Daech (État islamique), qui tue des citoyens parce qu’ils sont juifs. « Europe 1 » écrit : « Il a dit : « Je suis du Daech ». De toute façon, il n’avait qu’une idée, c’était mourir en martyr. (…) Sophie indique ensuite que Coulibaly s’est revendiqué de l’organisation islamique. « Il nous a dit clairement que les juifs financent Israël, que ça suffisait, que le Daech allait arriver. Ce n’était pas un illuminé. C’était quelqu’un d’endoctriné certainement, un fanatique, mais ce n’était pas un illuminé » a-t-elle encore raconté. »

Amedy est donc un de ces terroristes islamistes que le monde tout entier condamne. Un ennemi des Juifs, des Français et de la police française. Aussi, c’est vital de le signaler, il est en relation avec les frères Kouachi. L’un des témoignages les plus marquants est rapporté par « Libération » : « Il nous a très vite dit qui il était : que c’est lui qui avait tué la policière de Montrouge. Il nous a expliqué qu’il agissait « au nom de l’État islamique », par rapport au califat, tout ça… Il nous a même dit qu’il n’avait rien contre les Juifs, mais qu’on payait nos impôts à l’État français et donc qu’on le cautionnait. Il a dit qu’il connaissait bien les frères Kouachi, qu’il avait fait de la prison avec eux. « Il voulait que les troupes françaises se retirent de tous les États islamiques.

« On ne peut pas dire qu’il nous surveillait de près. En fait, on était presque relax. J’ai essayé de sympathiser avec lui : je lui ai dit qu’on était du même milieu, qu’on avait grandi dans la même banlieue, etc. Je n’ai pas l’impression qu’il se méfiait de nous : on pouvait se déplacer dans le magasin. À un moment, il s’est servi dans les rayons pour se faire un petit sandwich. Il nous a dit : « Allez-y les gars, faites comme chez vous. » J’ai répondu : « Tu es gentil mon pote, mais tu m’as un peu coupé l’appétit, là. »

Mais la meilleure est celle-ci : « Ensuite, Coulibaly nous a dit qu’il allait faire sa prière. Cela a duré au moins quinze minutes, durant lesquelles on l’a perdu de vue. » Alors là, nous avons le portrait d’un musulman hyper croyant et pratiquant. Il a pris des dizaines de personnes en otage. Il en a déjà tué quatre et menace de les tuer tous. Il a un arsenal dans les lieux. Le quartier est cerné par la police. Il disparait pendant plus de quinze minutes pour aller faire ses ablutions et sa prière. Et les otages, libres de circuler, attendent tranquillement son retour. De plus, il leur dit tout ce que ceux le diabolisent ont besoin d’entendre. N’est-ce pas surréaliste ?

« Le preneur d’otages donne ses exigences : «Vous ne devez pas vous attaquer aux frères Kouachi, sinon je tue tout le monde.» Cela prouve qu’ils sont vraiment unis et solidaires dans le terrorisme.

Venons-en maintenant aux coups de fil entre Amedy et les journalistes. « Le Figaro » et d’autres journaux rapportent qu’à un peu plus de 15 heures, RTL a composé le numéro de l’épicerie. Amedy Coulibaly « a décroché le combiné. Il n’a pas répondu et a aussitôt raccroché le téléphone. Mais mal. Permettant aux journalistes de garder une oreille sur les conversations entre le terroriste et ses otages. » « Le Figaro » rapporte :

« Le djihadiste assure aux otages que les responsables du gouvernement « essaient de vous faire croire que les musulmans sont des terroristes. Moi, je suis né en France. S’ils n’avaient pas été attaqués ailleurs, je ne serais pas là. » Amedy Coulibaly reproche aux occidentaux d’être intervenus en Irak, en Syrie et au Mali. « Je pense à ceux qui avaient (comme président, ndlr) Bachar el-Assad en Syrie. Il torturait les gens (…) On n’est pas intervenu pendant des années (…) puis bombardiers, coalition de 50.000 pays (sic), tout ça (…) Pourquoi ils font ça ? Il y a eu le nord du Mali et il y a eu la Syrie, un coup monté en même temps (…) Il n’y a eu aucune exaction (des islamistes, ndlr) au Mali (…) Il faut qu’ils arrêtent (…) d’attaquer l’État islamique, qu’ils arrêtent de dévoiler nos femmes, qu’ils arrêtent de mettre nos frères en prison pour rien du tout », lance le terroriste. Amedy Coulibaly fait alors des reproches aux otages: « C’est vous qui avez élu vos gouvernements (sic) et vos gouvernements ne vous ont jamais caché que vous alliez faire la guerre au Mali ou ailleurs. Premièrement. Deuxièmement, c’est vous qui les financez. Vous payez les taxes et des trucs et vous êtes d’accord ». Un homme, retenu dans le magasin, lui rétorque que tout le monde est obligé de payer ses impôts. « Hein? On n’est pas obligé, je ne paie pas mes impôts, moi », lui répond le terroriste. La conversation se poursuit: « Faites des manifestations et dites: « Laissez les musulmans tranquilles et vous nous laissez tranquilles », intime Amedy Coulibaly et de demander: « Pourquoi vous ne le faites pas ? » « Allah est avec nous ». Il enchaîne: « Nous, chez nous, c’est la loi du Talion. Vous la connaissez très bien (…) Allah a dit dans le Coran: « Ils transgressent, transgressez à transgression égale ». Si on touche nos enfants, nos femmes, nos combattants, on s’attaque aux hommes qui nous combattent ». Et il propose sa propre réécriture de l’actualité : « Vous ne savez pas ce qu’il se passe dans les pays musulmans. En Irak, avec l’embargo, ils ont tué un million d’enfants. Bon, maintenant, je vous le dis à vous: votre armée, s’ils ne veulent pas mettre les pieds là-bas c’est parce que dès qu’ils toucheront le sol, ils se feront découper en deux minutes. Ils n’arrivent pas à combattre (…) Jamais ils n’arriveront à nous battre (…) Partout où ils ont été, jamais ils n’ont réussi ». Et de conclure, en citant Oussama Ben Laden : « Allah est avec nous ».

Et l’on nous apprend que la « litanie aura duré jusqu’à l’assaut des forces de l’ordre ». Très longue conversation, n’est-ce pas ? Surtout pour un terroriste qui a une vingtaine d’otages circulant librement autour de lui. Sur l’enregistrement le nom « Oussama Ben Laden » est dit deux fois et le journaliste précise que c’est le guide dont Coulibaly se réclame. L’enregistrement est encore sur le Net. Enregistrez-le avant qu’il ne soit supprimé :

http://www.dailymotion.com/video/x2efxwg_les-propos-d-amedy-coulibaly-aux-otages-enregistres-par-rtl-grace-au-telephone-mal-raccroche_webcam

Bizarrement, on n’entend que deux personnes : « Amedy » et un interlocuteur qui parle comme lors d’une discussion avec un pote. Aussi, quand ils parlent, on entend leur souffle, comme lorsqu’on est trop près d’un micro. Mais on nous dit que c’est un téléphone mal raccroché, comme par hasard, quelque part dans la pièce. Des autres otages, on n’entend rien, absolument rien. On n’entend même pas le vacarme qu’il y a dehors, avec les sirènes, les hélicos et autres. Rien. Juste deux copains dans un endroit tranquille. Il y a là de quoi mettre en doute cet enregistrement fait via un téléphone mal raccroché.

Mais le plus insolite est que BFM TV, qui a profité de l’événement pour se faire un pub d’enfer, déclare que peu après 15 heures, Amedy Coulibaly les a appelés parce qu’il voulait entrer en contact avec la police. Ici aussi, il y a quelque chose qui cloche. Pourquoi BFM TV que presque personne ne connaissait au lieu de TF 1, France 2, France 3 ou TV 5 ? Et pourquoi passer par une chaîne de télé pour entrer en contact avec la police ? Combien de personnes en France connaissent le numéro de téléphone de BFM TV ? Combien ne connaissent pas le numéro de la police ? Amedy, terroriste international, qui a fait de la prison, tué une policière, et avait minutieusement préparé son plan, devait savoir, comme tous les Français, que pour contacter la police, il suffit juste de composer le numéro « 17 ». Aussi simple que ça. De plus, on nous dit que quand il était avec ses otages, il avait allumé son ordinateur et y plaçait des images et suivait aussi l’actualité. Même si le numéro de cette chaîne obscure était plus facile à retenir que le chiffre 17, il n’avait qu’à taper « Police » sur Google, et clic ! Mais bon, il appelle donc BFM TV et un journaliste en profite pour lui poser des questions. Il prend le temps d’y répondre, toujours avec ses otages et cerné par la police.

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/bfmtv-a-ete-en-contact-avec-cherif-kouachi-et-amedy-coulibaly-recit-et-extraits-sonores-384343.html

Là aussi Amedy avoue tous les crimes dont il est accusé. Mais là aussi, on n’entend que sa voix. Aucun bruit de fond. C’est comme s’il était tout seul dans une pièce insonorisée. Pourtant, ça grouille tout autour. L’essentiel du message ne sort cependant pas de la bouche du terroriste. C’est Sarah-Lou Cohen, chef du service police et justice de BFM TV, qui conclut : « Et enfin, il explique sa cible. Pourquoi ce magasin casher ? Parce qu’il ciblait des juifs. » Et « Le Monde » d’écrire : « Amedy Coulibaly a quand même expliqué qu’il était entré au supermarché casher « parce qu’il ciblait des juifs ». En voilà une bonne dose d’antisémitisme !

Ici, il est important de noter qu’Amedy s’était dédoublé. Pendant que, grâce à un « téléphone mal raccroché », les journalistes de RTL l’écoutaient discuter avec ses otages, son double avait appelé les journalistes de BFM TV et répondaient à leurs questions. RTL dit « A un peu plus de 15 heures… jusqu’à l’assaut des forces de l’ordre. » BFM TV dit « Peu après 15 heures ». Les violons n’étaient apparemment pas accordés. Ce qu’on remarque surtout, c’est que les « Amedy Coulibaly » de RTL et BFM TV n’ont ni la même voix ni le même accent que l’Amedy Coulibaly qu’on voit en chair et en os s’exprimer dans une « vidéo posthume ». Et, ce n’est pas tout. On nous dit aussi que Coulibaly passait des coups de fil à plusieurs de ses proches pour leur dire d’aller attaquer des commissariats. Un terroriste cerné par la police, qui doit savoir qu’il est sous écoute ou que tous ses coups de fil seront retracés, appelle quand même ses proches pour leur dire de commettre des attentats. C’est du jamais vu. Et puis, avez-vous entendu parler de l’arrestation de ces proches ? Ça devait se faire immédiatement.

Avant cette prise d’otages, tous les médias français avaient claironné l’assassinat d’une policière municipale à Montrouge par Amedy Coulibaly. Que s’est-il passé à Montrouge ? Le jeudi 8 janvier, il y a eu un accident de la route, peu après 8 heures. Des policiers interviennent pour faire le constat. Il y a naturellement des badauds, donc des témoins. Brusquement, un homme ouvre le feu sur les agents et prend la fuite. Tous les premiers témoignages ne mentionnent qu’un seul homme. Même RTL écrit que « Selon plusieurs témoins, l’homme, décrit comme vêtu de noir, aurait quitté les lieux à bord d’une Clio blanche. » Si cet homme était cagoulé, on aurait parlé de sa cagoule avant de décrire ses vêtements. Des témoins ont dit qu’il portait un gilet pare-balle. Mais nul n’a dit qu’il était cagoulé. On notera aussi qu’aucun témoin n’a prononcé les mots « Noir », « africain » ou « homme de couleur ». Le jour même, « 20 minutes » avait publié : « Une policière municipale a été tuée par un homme lourdement armé tôt ce jeudi matin entre Malakoff et Montrouge, dans le sud de Paris, selon des sources policières. Crâne rasé, vêtu entièrement de noir, équipé d’un gilet par balle, le suspect, a ensuite pris la fuite… » Si l’on remarque qu’il a le crâne rasé, c’est évidemment parce qu’il ne portait pas de cagoule. Et s’il était noir, on aurait remarqué sa couleur de peau avant son crâne rasé et sa tenue. Un vieil homme nommé Monsieur Armand, témoin de la scène, raconte : « C’est un accrochage entre deux voitures. Et l’un des deux conducteurs est sorti, furieux. Il avait une espèce de camisole anti-cartouches et il s’est mis à tirer et il a abattu une policière qui était blessée et qui est décédée, malheureusement, et une autre personne aussi de la ville. Voilà. Et puis, il a pris la fuite… » La vidéo est coupée ne laissant pas entendre la fin de la phrase, mais on devine qu’il s’est enfui en voiture car quelqu’un qui vient de tirer sur des policiers en pleine rue, en pleine journée, devant plusieurs témoins, ne laisse pas sa voiture sur place pour se sauver à pied. La vidéo est encore sur le Net. Dépêchez-vous de la regarder avant qu’elle ne soit censurée : https://www.youtube.com/watch?v=I5Nw7tGQ4Ks

Plus tard, un journaliste de « France 24 », envoyé sur place, dit qu’un homme a ouvert le feu. Une personne a été interpelée, mais le ministre de l’Intérieur a expliqué que ce tireur est toujours en fuite. Devant la caméra, le journaliste dit : « C’est donc une deuxième personne qui a été interpelée. Et puis, il y a plusieurs bruits selon les sources. Donc, il faut être très prudent parce que certaines sources parlent de deux personnes, deux tireurs. L’un serait parti à bord d’une Clio en direction de Paris. Paris qui est à 700 mètres d’ici à peine… et le second serait parti… eh bien… en métro. Il faut donc être très prudent. » En effet, il y a de quoi être très prudent. Aucun témoin n’a parlé d’un deuxième tireur. Et qui peut imaginer quelqu’un tirer sur des policiers, en public, en plein jour et courir pour prendre le métro alors qu’il a un complice en voiture ? Et quand on veut tirer sur des policiers, on ne le fait pas sur le lieu d’un accident de la route où il y a attroupement et même des gens qui s’interposent. Au lendemain de l’attaque à Charlie Hebdo, des policiers isolés qui patrouillaient dans des lieux moins fréquentés, ce n’était pas ce qui manquait. Et puis, comment le tireur pouvait-il savoir qu’il allait y avoir un accident de la route à tel endroit et à telle heure ?

Dès le lendemain, donc, le vendredi 9 janvier, la police diffuse un appel à témoins avec les photos d’un homme et d’une femme, recherchés dans l’enquête sur la fusillade mortelle à Montrouge. D’abord un seul homme, comme l’ont dit les témoins, puis deux hommes selon d’autres sources. Et paf ! Un homme et une femme. La police écrit : « Ces personnes, susceptibles d’être armées et dangereuses, font l’objet de mandats de recherche du Parquet de Paris dans le cadre de l’enquête diligentée suite à l’homicide volontaire en relation avec une entreprise terroriste commis le 8 janvier 2015, avenue Pierre Brossolette à Montrouge (92). » Ces personnes sont Amedy Coulibaly et son épouse Hayat Boumediene. Alors là… Mais alors là… Accrochez-vous. Le procureur a révélé que c’est Amedy Coulibaly qui a tué la policière à Montrouge, et qu’il a été formellement identifié par son ADN retrouvé sur une cagoule perdue sur les lieux de la fusillade.

« Le Monde » publie : « Deux policiers municipaux s’approchent : un homme vêtu de noir, portant une cagoule et un gilet pare-balles, leur tire dessus à la kalachnikov. Une jeune policière de 25 ans, employée par la mairie de Montrouge, meurt sur le coup. Des témoins tentent d’intervenir, mais l’homme sort une arme de poing et blesse un agent de la voirie, qui s’en tire de justesse : la balle lui a traversé la joue de part en part. L’agresseur braque une voiture et disparaît. Le véhicule est retrouvé un peu plus tard, près du RER, à Arcueil (Val-de-Marne). L’homme a abandonné sa cagoule à Montrouge, qui permet de l’identifier formellement, grâce à une trace ADN : il s’agit d’Amedy Coulibaly… »

Qui va se cagouler pour tirer sur des policiers, puis enlever sa cagoule pour la « perdre » sur les lieux avant de se sauver ? Force est de reconnaître que c’est très bancal comme explication. Attendez-vous à ce qu’ils changent de version pour nous dire que la cagoule a été trouvée dans la voiture braquée et non sur les lieux du crime. A ce propos, qu’est devenu le chauffeur de cette voiture braquée, ce témoin clef dont nul n’a entendu le témoignage ?

« Le Monde » donne une information qui nous laisse pantois : « Dans la soirée, les enquêteurs présentent une photo d’Amedy Coulibaly à un témoin, qui reconnaît le tireur de Montrouge. A 1 heure du matin, une trace d’ADN prélevée sur une cagoule retrouvée sur les lieux l’identifie formellement. » De tous les milliers de suspects potentiels, on présente la photo d’Amedy Coulibaly avec dans le meilleur des cas une dizaine d’autres. Et Bingo ! Un témoin le reconnait. Ce mystérieux témoin n’est donc pas Monsieur Armand. Si vous ne le savez pas encore, Amedy Coulibaly est un Noir. Reconnaitre un Noir vêtu de noir et qui porte une cagoule, ce n’est pas évident. Donc, ce mystérieux témoin avait vu sa tête, décagoulée. Tous les autres témoins ont donc vu sa tête aussi. « Crâne rasé » disent certains. Mais, rappelons-le, personne n’a dit « Noir », « Africain » ou « homme de couleur ». N’est-ce pas étrange ? Quant à cette histoire de cagoule que le tireur enlève et laisse sur place avant de braquer une voiture, c’est absolument incroyable. L’importance de cette cagoule miraculeuse dans l’histoire, c’est qu’elle donne une preuve irréfutable : une trace ADN. Mais que s’est-il passé à 1 heure du matin ? Est-ce le moment où la cagoule a été trouvée ou l’heure à laquelle on a formellement identifié le coupable grâce aux résultats du test ADN ? Dans les deux cas, on a de bonnes raisons d’être sceptique. D’après les spécialistes en la matière, le résultat d’un test ADN ne s’obtient pas en moins de 24-48 heures et qu’ensuite, il faut du temps pour trouver quelqu’un dont on peut dire « C’est lui. » Ici, en quelques heures, on a trouvé que c’est Amedy Coulibaly.

Parlons maintenant de la fameuse « vidéo posthume » qui a été postée sur le Net puis a été retirée presque immédiatement après. Heureusement, on peut encore la trouver sur quelques sites, comme par exemple :

http://www.sunuker.com/2015/01/12/attention-a-cette-video-interview-post-mortem-damedy-coulibaly/

Allez vite la regarder et l’archiver si possible, avant qu’elle ne disparaisse.

Dans les médias, on lit : « Dimanche matin est apparue sur les réseaux sociaux, une vidéo glaçante dans laquelle Amedy Coulibaly, l’auteur de la fusillade de Montrouge et de la prise d’otages de l’épicerie casher, revendique froidement ses actes. L’assassin revendique le meurtre de la policière, la prise d’otages dans l’épicerie casher et s’attribue l’explosion d’une voiture dans Paris.», « Dans une vidéo posthume, Amedy Coulibaly revendique l’attentat de Montrouge. », « Amedy Coulibaly revendique son acte dans une vidéo posthume. »…

Eh oui ! Après s’être dédoublé le vendredi 9 pour tenir deux conversations en même temps tout en surveillant ses otages, Amedy Coulibaly, mort le jour même, ressuscite deux jours plus tard pour revendiquer tout ce dont on l’accuse : appartenance à un groupe terroriste islamiste, lien avec les frères Kouachi, assassinat de la policière, antisémitisme… Eh bien ! Mais si vous regardez cette vidéo, vous comprenez pourquoi elle est censurée. Comme celle où l’on voit Amedy abattu, les mains liées, celle-ci montre que des forces obscures sont derrière tout cela et qu’Amedy n’est qu’une pauvre victime. On voit que ceux qui ont filmé ces images ne sont pas ses complices, comme on veut nous le faire croire, mais ses ennemis pour ne pas dire ses bourreaux. On peut alors soupçonner ceux qui lui ont lié les mains avant sa mise à mort d’en être les auteurs.

La première chose qui saute aux yeux est que cette vidéo a été montée par un ou des professionnels. Comme la piste « complices » est privilégiée, des journalistes posent la question : « Hayat Boumediene (l’épouse d’Amedy) est-elle la vidéaste? » Et ils écrivent : « Les enquêteurs se demandent si Hayat Boumediene, sa compagne semble-t-il partie en Syrie, avait des compétences de vidéaste. » On apprendra peut-être qu’elle est une pro dans le domaine. Mais le problème, c’est qu’elle a quitté la France depuis au moins le 2 janvier, donc bien avant l’attaque à Charlie Hebdo, l’assassinat de la policière et les événements de Vincennes or, on nous a dit que dans cette vidéo Amedy a revendiqué ses actes.

« Le Figaro » titre : « Dans une vidéo posthume, Amedy Coulibaly revendique ses actes au nom de l’EI. » On s’attend alors à voir Amedy déclarer « J’ai fait tué la policière, j’ai piégé la voiture, etc », mais c’est quelqu’un d’autre qui a écrit qu’Amedy a commis tel et tel crimes. Il ne s’agit donc pas de revendications, mais d’accusations. Sur la vidéo, on lit, écrit en blanc sur fond noir, par la ou les personnes qui ont fait le montage : « Amedy Coulibaly – Aboû Bassîr AbdAllah Al-Ifriqi. Soldat du Califat. Auteur des attaques bénies de Montrouge où il a exécuté une policière le 8 janvier. Le lendemain, il mène une attaque Porte de Vincennes où il prend en otage 17 personnes dans une épicerie juive et exécute 5 juifs. Il a aussi posé une charge explosive sur le réservoir d’une voiture qui a explosé dans une rue de Paris. » Non seulement ce n’est pas Amedy qui parle, mais tous ces crimes nous ont été rabâchés par les médias pendant les 48 heures qui ont précédé la sortie de cette vidéo. Donc, rien de nouveau sous le ciel.

Pourquoi cette vidéo a-t-elle été censurée ? Des journalistes expliquent que « Les enquêteurs veulent dater le clip pour savoir quand les séquences ont été filmées et montées. » Des enquêteurs sont si forts qu’ils ont, en quelques heures, trouvé une cagoule « perdue », relevé de quoi faire des tests d’ADN, trouvé le coupable et sa complice, quand bien même cette dernière n’était pas en France au moment des faits, mais n’arrivent pas pendant une semaine, à dater cette vidéo… Donnons-leur donc un petit coup de pouce. Au début de la vidéo, on entend un reportage sur la mort d’Amedy à Vincennes. Est-ce une erreur monumentale ou est-ce fait exprès, peu importe. Ça montre clairement que le montage n’a pas été fait avant le vendredi soir. Et comme la vidéo a été diffusée le dimanche matin, le montage a donc été fait entre le vendredi soir et le dimanche matin. Élémentaire, n’et-ce pas ? Quand est-ce que les séquences ont été filmées ? Le contenu montre qu’Amedy a été filmé en train de parler quand il était vivant et… filmé en train de parler quand il était déjà mort. Eh oui ! La couleuvre est trop grosse pour être avalée. Panique ! Vite, vite, il faut retirer la vidéo.

La vidéo commence et se termine par des versets du Coran tirés hors de leurs contextes et qui parlent de combattre dans le sentier de Dieu. Le volume est tellement fort qu’on a envie de se boucher les oreilles. Vu le professionnalisme du montage, on imagine que c’est fait exprès. De tels passages existent aussi dans la Thora et la Bible, mais n’entrons pas dans ce débat.

Au début, on voit Amedy Coulibaly courir et faire des pompes, comme un djihadiste qui se prépare pour aller combattre. On nous montre même des armes à feu. Au moins une dizaine et des minutions. Mais quand on regarde attentivement, on voit que c’est dans une prison qu’il court et fait ses pompes. Tenez. Les policiers ont abattu un « terroriste » menotté dont les médias disent éhontément qu’il est mort l’arme à la main. Et maintenant, on le voit, filmé pendant qu’il était encore vivant, dans une prison. C’est troublant. Comme pour tenter de nous faire croire que cette séquence a été filmée en 2008, quand Amedy était en prison, « Le Monde » publie deux jours tard, le 12 janvier, un article rappelant qu’en 2008, cinq détenus de la prison de Fleury-Mérogis dont Amedy, avaient réussi à faire entrer une caméra dans la prison pour filmer en cachette leurs mauvaises conditions de détention dans le but de les dénoncer. Les cellules surpeuplées, les conditions d’hygiène déplorables, les douches aux murs gluants… Ce qu’ils avaient filmé fut ensuite diffusé par France 2. Mais le problème est que ce qu’on voit sur la « vidéo posthume » n’est pas sur la vidéo de 2008. Aussi, sur la « vidéo posthume », les images sont tournées dans une prison apparemment bien salubre comparée à Fleury-Mérogis de 2008. Et surtout, qui peut imaginer des détenus, qui filment en cachette, se balader avec leur caméra dans la cour de la prison ou dans le gymnase, sous l’œil vigilant des gardiens ?

Séquence suivante : fond noir avec, écrit en blanc : « Amedy Coulibaly – Aboû Bassîr AbdAllah Al-Ifriqi » Waaw ! Voilà un surnom bien terrifiant. Ça fait vraiment terroriste islamiste. Comme ni sa femme ni ses amis ne l’appelaient ainsi, ça devait être un nom récemment choisi. Seulement voilà, quand il prend enfin la parole et se présente, contrairement à ce qu’on pourrait attendre, il ne dit pas « Moi, Aboû Bassîr AbdAlah Al-Ifriqi… », et ne prononce ce nom à aucun moment. D’ailleurs, aurait-il été capable de le prononcer ? Est-ce un nom qui lui a été posthumément donné ? Et il ne se qualifie pas de « soldat du Calife » non plus.

Ensuite, on voit défiler la liste de ses crimes revendiqués avec des « Il a fait ». Puis « on » lui pose quatre questions. Mais avant de parler des « questions », regardons l’attitude d’Amedy, l’expression sur son visage, le ton de sa voix, ses gestes. Des journalistes disent :

« Il parle d’une voix lente qui ne vacille jamais. », « Un ton toujours monocorde qui ne trahit pas la moindre émotion », « une voix dégagée »… Mais quand on regarde cette vidéo, on voit que c’est quelqu’un qui est inquiet, angoissé, comme un otage que ses ravisseurs filment en l’obligeant à faire des déclarations. Un « fou d’Allah » qui vient de tuer, qui est déterminé à aller tuer encore dans quelques heures, et qui se fait filmer pour revendiquer ses actes ne peut pas avoir cette attitude. Normalement, lui dont on dit qu’il suivait les informations, devait être devant sa télé pour savoir ce qu’il était advenu des agents sur qui il avait tiré quelques heures auparavant et surtout pour savoir si sa trace était retrouvée ou pas car il ne devait pas ignorer que la police le recherchait activement. Dans ce cas, on aurait senti chez lui la nervosité d’une personne traquée. Par ailleurs, toute la vidéo devait porter sur les « attaques bénies de Montrouge » et la prise d’otages qu’il allait faire ensuite. Ou encore sur l’appel à témoins lancé par la police avec sa photo et celle de son épouse dessus. Et la dernière et pas des moindres, les « témoignages » indiquent qu’il avait déjà pris la décision de mourir en martyr dans cette prise d’otages. Rien de tout cela ne sort de sa bouche. Et s’il avait oublié d’en parler, ses « complices » qui filmaient devaient lui poser des questions là-dessus. Étrangement, les questions sont celles qu’auraient posées des gens qui cherchent à l’accabler, le jeter en pâture à la vindicte populaire.

Une première question est écrite en blanc sur fond noir. Aucune voix ne la lit. Juste un texte : « A quel groupe tu appartiens et as-tu un Émir ? » Des complices, qui connaissent déjà la réponse, n’auraient pas posé cette question qui leur fait perdre du temps dans une courte vidéo de sept minutes.

L’action commence. Le décor fait bien le jeu. Un djihadiste devant un drap blanc accroché au mur et un tableau ou drapeau noir et blanc qui fait islamiste. C’est Amedy Coulibaly. Quand on a commencé à signaler les failles qu’il y a dans cette vidéo, des journalistes ont failli détourner l’attention de l’essentiel en disant « Quelqu’un qui ressemble à Amedy Coulibaly » ou « Est-ce un sosie ? ». Qu’ils ne se fatiguent pas. C’est bel et bien Amedy Coulibaly, nul ne le conteste, mais la question n’est pas là. On remarque qu’au début de chaque séquence, ceux qui ont monté la vidéo écrivent un petit commentaire pour guider certains esprits. On lit : « AbdAllah annonce son allégeance au Calife Ibrahim ». Amedy s’exprime en français. On remarque qu’il est en train de lire un texte qu’il ne connait pas bien. Il a même du mal à dire le nom de son « maître » et doit souvent baisser les yeux pour lire le mot suivant. Est-il en train de lire de son propre gré ou sous la menace de ceux qui le filment ? Il dit : « Je fais allégeance au Calife de la déclaration de califat… » Hop ! Coupure ! Ah ! Le pauvre, il n’arrive même pas à lire le texte devant lui. Que signifie « faire allégeance au Calife de la déclaration de califat » ? Ça n’a aucun sens. Il a sans doute sauté une ligne. Mais, on a entendu les mots « allégeance » et « calife », c’est l’essentiel. On passe. Mais, un instant. Jusqu’à présent, les journalistes n’arrêtent pas de nous raconter les longues années qu’Amedy a passées avec les terroristes islamistes qui l’ont endoctriné et tellement radicalisé qu’il parcourait la France, des années durant pour recruter à la sortie des mosquées. Pourquoi donc a-t-il attendu quelques heures avant sa mort, après tout ce travail et tous ses crimes commis au nom du califat, pour faire allégeance à son maître ?

Le texte en français est lamentable. Il est tellement inquiet qu’il n’arrive pas à lire correctement. Mais il faut aussi un texte en arabe, ça fait plus islamiste. Oh, Ciel ! Alors là, c’est carrément la catastrophe. Tout d’abord, vu comment il prononce les mots, on sait qu’il ne peut pas lire en arabe. Le texte est donc écrit avec l’alphabet français. Mais avec ses hésitations et ses reprises, on s’aperçoit qu’il est en train de lire un texte qu’il ne connait pas. Peut-être qu’il ne sait même pas ce que signifie ce qu’il lit ou ce qu’on lui fait lire. Pourtant, le texte est très court. S’il l’avait lu dix fois auparavant, il y serait parvenu. Pourquoi donc ne l’a-t-il pas fait ? On nous dit que pour préparer la prise d’otages dans laquelle il avait décidé de mourir en martyr, il avait fait un repérage des lieux une semaine auparavant. Donc, pour ce texte qui est en quelque sorte son testament, il avait largement le temps de le lire des centaines de fois, jusqu’à le réciter par cœur. Il y a là quelque chose qui cloche.

Fond noir, deuxième question écrite dessus : « Es-tu en lien avec les frères qui ont attaqué Charlie-Hebdo ? » Quel intérêt, sa femme ou d’autres complices, terroristes comme lui, connaissant la réponse, ont-ils à lui poser cette question ? Absolument aucun, reconnaissons-le. Par contre, pour ceux qui veulent « prouver » absolument que ce lien existe, c’est une question capitale. Quand Amedy s’était dédoublé pour discuter avec ses otages pendant qu’il était en ligne avec BFM TV, un journaliste de cette chaîne lui avait posé la même question, presque mot pour mot : « Êtes-vous en lien avec les deux frères qui ont fait l’opération à Charlie-Hebdo ? » Troublante coïncidence. Sa femme ou des complices n’auraient pas dit « les frères qui ont attaqué Charlie Hebdo », mais les auraient appelés par leurs prénoms puisque les journalistes nous ont appris qu’ils sont amis de longue date. Au journaliste, le double d’Amedy avait répondu : « Oui. On s’est synchronisé pour faire les opérations…. »

Ceux qui ont fait le montage de la « vidéo posthume » commentent : « AbdAllah donne des détails des opérations ». Le décor change. Amedy Coulibaly, le regard toujours inquiet, est assis sur un canapé en t-shirt et par-dessus, le gilet pare-balles avec lequel il va mourir dans quelques heures ou le lendemain. Ici, il y a plusieurs coupures et recollages. On voit qu’on lui a posé beaucoup de questions et que dans ses réponses, des phrases ou des mots ont été coupés et recollés dans un certain ordre. On l’entend dire : « Les frères, euh… Notre équipe divisée en deux… Ont fait Charlie Hebdo… Alhamdoulillah…. Moi je suis sorti aussi un petit peu contre la police…. Et… euh… Donc voilà. On a fait les choses un petit peu ensemble, un petit peu séparés, c’était pour… pour… Ça ait plus d’impact, quoi… Heuu (On voit qu’il est mal à l’aise et ne sait pas ce qu’il doit dire.) Je l’ai aidé dans son projet en lui donnant… en lui donnant… (Il cherche ses mots) quelques milliers d’euros… quelques milliers d’euros pour… (Sa langue trébuche) pour qu’il finisse à boucler ce qu’il avait à acheter… Voilà. Alhamdoulillah… On arrive à synchroniser pour … en même temps… (Le reste est incompréhensible) ».

Franchement, ça ne fait pas sérieux. Ne trouvez-vous pas curieux qu’il n’ait pas prononcé les noms ou prénoms de ses amis et complices, noms que tout le monde connait ? Quand il dit « les frères, heu… », qu’est-ce qui prouve qu’il s’agit des Kouachi ? Et quand il dit qu’il est lui aussi sorti un petit peu contre la police, dans quel contexte l’a-t-il dit ? Je vois mal quelqu’un qui a tué une policière, dans une « attaque bénie » et qui se fait filmer pour revendiquer ses actes, se contenter de dire « Moi je suis sorti aussi un petit peu contre la police » et non quelque chose du genre « J’ai tiré, j’ai tué une policière, t ce n’est que e début… » On nous dit qu’il avait donné des milliers d’euros aux frères Kouachi. Mais lui, il parle d’une seule personne. « Je l’ai aidé dans son projet… » Comment nous faire croire que cette personne, ce sont les deux frères ? En tout cas, le rapport entre la question et la réponse n’est pas évident.

Le 13 janvier, lendemain de la diffusion de cette « vidéo posthume », le journal « Direct Matin » rapporte que le 4 décembre 2014, Amedy Coulibaly avait emprunté 6.000 euros auprès de Cofidis, un organisme de crédit. Et il commente : « Concrètement, le terroriste responsable de la mort de cinq personnes à Vincennes et Montrouge, la semaine dernière, a emprunté auprès de l’organisme 6.000 euros. Une somme qui fait écho aux propos tenus dans sa vidéo posthume de revendication dans laquelle il affirme avoir prêté de l’argent aux frères Kouachi pour les aider à perpétrer leurs attentats. » L’organisme de crédit n’a pas démenti l’information, mais ce journaliste ne se rend pas compte qu’en écrivant cela et démolit les affirmations de ses collègues comme quoi les frères Kouachi, en plus de faire du business dans la contrefaçon, étaient financés par Al Qaïda-Yemen et Amedy par l’État Islamique via des filières terroristes. On les imaginait recevant des centaines de milliers, voire des millions d’euros. Mais l’un était tellement pauvre qu’il avait dû emprunter 6.000 euros. Et les autres, encore plus pauvres, devaient lui tendre la main pour qu’il leur en prête quelques milliers. Le mythe est tombé.

Troisième question. « Pourquoi avez-vous attaqué la France, Charlie Hebdo, une épicerie juive ? » Commentaire sur l’écran : « AbdAllah donne les raisons des attaques ». C’est ici que ceux qui ont monté la vidéo ont tout gâché. Tout comme certains journalistes, ils veulent coûte que coûte parler de juifs et d’antisémitisme. Sur les textes incrustés dans la vidéo, le mot juif apparait trois fois, or Amedy ne prononce ce mot à aucun moment. Même le double d’Amedy qui avait appelé BFM TV n’avait pas prononcé ce mot et pourtant Sarah-Lou Cohen lui fait dire qu’il ciblait les juifs. Dans cette question, ils ont oublié la policière. Et puisqu’on parle d’épicerie juive, pourquoi ne pas préciser que cette policière était de race noire ?

Nouveau changement de décor et de vêtements. Cet homme est recherché par toutes les polices de la France, voire de toute l’Europe, et il est là à changer de décors et de costumes comme au théâtre, en train de se faire filmer sans rien dire que les médias n’avaient pas déjà dit. Et on devine qu’il a fallu au moins une journée pour filmer tout ça, de plus entre le meurtre à Montrouge et la prise d’otages à Vincennes. Cela ne vous parait-il pas étrange ? Ici, il porte un blouson en cuir noir et une Kalachnikov est placée à côté de lui comme pour donner un look d’assassin. Mais si on regarde bien ses mains dans cette séquence, on dirait qu’il y a quelque chose caché par ses gants noirs. Ses poignets ne se séparent pas de plus de quelques centimètres et quand une main bouche, l’autre suit, comme si quelque chose les reliait. Mais bon… On remarque aussi qu’Amedy, si c’est lui qui parle de son propre gré, ne s’adresse pas à des complices, mais à des gens qui ne sont pas de son camp et qui sont en train de le filmer. Le « vous en tête » que vous allez entendre sur la vidéo ou lire ci-dessous indique clairement que ses interlocuteurs sont en face de lui. Il dit, sur un ton absolument pas du tout guerrier :

« Ce qu’on est en train de faire c’est tout à fait légitime. Vous attaquez le califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour. Alors vous faîtes votre victime, comme si vous ne compreniez pas ce qu’il se passe, pour quelques morts, alors que vous et votre coalition, vous en tête, vous bombardez régulièrement là-bas, vous avez investi des forces, vous tuez des civils, vous tuez des combattants. Pourquoi ? Parce qu’on applique la charia ? Même chez nous on n’a plus le droit d’appliquer la charia, c’est vous qui décidez ce qui va se passer sur la terre, c’est ça ? Non, on ne va pas laisser faire ça, on va se battre. Inchallah… (Incompréhensible) »

Mesdames et messieurs, si vous ne vous en êtes pas aperçus, vous venez d’assister à la résurrection d’Amedy Coulibaly. Cet homme n’est pas sorti vivant de l’épicerie. Donc, on ne peut pas lui demander pourquoi il y a mené une opération et il ne peut pas y répondre. Certains médias et certains « témoins » ont tenté de donner une explication en disant que dans l’épicerie, il avait une caméra et un ordinateur et qu’il mettait des images dans l’ordinateur. Sérieusement, il est inévitable de se demander combien d’Amedy Coulibaly, il y avait dans l’épicerie. Tirer sur les gens, surveiller ses otages, discuter avec eux pendant des heures, placer des dynamites, se faire des sandwichs dans les rayons, appeler BFM TV, appeler des proches, converser avec la police en leur disant « Vous savez qui je suis. » suivre les infos pour savoir ce qui se passe dehors, aller faire sa prière pendant plus de quinze minutes, se filmer, mettre les images dans son ordinateur et sans doute les envoyer à des complices… Mais cette explication ne tient pas la route. Cette séquence de la vidéo n’a pas été filmée dans l’épicerie et Amedy ne portait pas les mêmes vêtements. Voilà donc une impérieuse raison pour retirer cette vidéo et tout faire pour qu’elle ne circule pas. Mais les paroles prêtées à Amedy, elles, sont affichées partout.

Si ça vaut la peine de continuer, voici la quatrième et dernière question. Toujours un texte blanc sur fond noir : « Quel est ton conseil pour les musulmans de France ? » Le commentaire : « AbdAllah incite les musulmans au combat. » Pensez-vous qu’un complice aurait écrit cela ?

Ici encore, changement de décor et d’habillement. Amedy fait pitié à voir. Sa voix est triste, son regard toujours angoissé. On l’entend à peine. Pourtant un journaliste a osé écrire « Coulibaly harangue les musulmans de France ». A part le début où il se gratte furtivement la joue, ses mains restent posées l’une sur l’autre comme s’il en avait reçu l’ordre. En tout cas, je ne sais pas s’il dit ce qu’il pense ou si on l’oblige à le dire, mais les mosquées sont bien ciblées. Du moins, c’est ce qui ressort de ce montage, avec des coupures et des recollages.

« Je m’adresse à mes frères musulmans… partout, et plus particulièrement dans les pays occidentaux… et je leur demande… Que faîtes-vous ?… Que faîtes-vous, mes frères ?… Que faîtes-vous quand… ils combattent directement le takfir. (Sa voix est tellement faible et affligée qu’on l’entend à peine.) ?… Quand ils combattent directement… heu… (On remarque qu’il allait répéter la même phrase, comme s’il lisait ou récitait un texte) Que faîtes-vous quand ils insultent le prophète (inaudible) à répétition ? … Que faîtes-vous… quand ils agressent nos sœurs ?… Que faîtes-vous quand ils massacrent des populations entières ? … Que faîtes-vous … quand en face de chez vous, (Incompréhensible) … Que faîtes-vous, mes frères ?… Soubhanallah… Depuis que je suis sorti, j’ai beaucoup bougé… j’ai sillonné les mosquées… de France un petit peu, beaucoup de la région parisienne… Elles sont pleines… machallah… elles sont pleines d’hommes pleins de vigueur… elles sont pleines de jeunes sportifs… elles sont pleines (langue qui trébuche) d’hommes en bonne santé… Comment (léger bégayement) avec tous ces milliers… millions de personnes… y n’a pas autant… pour défendre l’islam. »

Si vous avez vu la vidéo, pensez-vous que cet homme a le mental et l’énergie physique lui permettant d’aller prendre, dans quelques heures, des gens en otage ? Signalons que deux jours après la diffusion de cette « vidéo posthume » qui continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive, « Le Monde » avait publié sur son site une interview de « Abdelkrim Branine, rédacteur en chef de Beur FM, qui a témoigné dès mercredi son soutien à Charlie Hebdo », avec le titre « Il faut écouter ceux qui disent « Je ne suis pas Charlie. » Mais au lieu de montrer une photo de ce monsieur, ils ont mis la photo de l’intérieur d’une mosquée. Pourquoi ? Allez donc savoir.

Avez-vous vu le film « Il faut tuer Birgit Haas » ? Un cinéaste à l’esprit tordu pourrait s’en inspirer pour réaliser « Il faut tuer Hayat Boumediene ».

Qui est Hayat Boumediene ? C’est, disent nos chers journalistes, « la femme la plus recherchée de France », « La veuve insaisissable », « La mystérieuse veuve noire ». C’était l’épouse d’Amedy Coulibaly. La première fois qu’on a entendu parler d’elle, c’était au lendemain de l’assassinat d’une policière à Montrouge, quand « une trace d’ADN relevée sur une cagoule « perdue » dans les lieux du crime avait permis, en quelques heures, d’identifier le coupable et sa complice ». Rappelons que la policière a été tuée le jeudi 8 janvier et le lendemain, vendredi 9 janvier a eu lieu la prise d’otages à Vincennes. « Le Parisien », dans un article daté du 9 janvier à 21h55 et mis en ligne le 11janvier à 11h03, écrit que « selon une source proche de l’enquête, Coulibaly et Boumediene auraient été vus dans Paris ensemble jeudi dans la soirée. Des témoins ont vu le couple, la veille de la prise d’otages, «déposés par un taxi», dans un arrondissement parisien. «Ils ont a priori passé la nuit ensemble. » A Vincennes, quand une femme était descendue pour parler aux gens qui étaient dans la chambre froide, on avait fait courir le bruit que c’était Hayat. Quand on s’est demandé qui avait filmé la « vidéo posthume », Hayat a encore été pointée du doigt.

A Montrouge, aucun témoin n’a mentionné une femme. Même la police n’a finalement parlé que d’un seul tireur, un homme. A Vincennes, après la mise à mort d’Amedy, les témoins révèlent que la femme qui était partie parler aux gens réfugiés dans la chambre froide, n’était pas Hayat. « Le Parisien » écrit qu’« un avis de recherche a été lancé pour la compagne de Coulibaly, Hayat Boumediene, 26 ans. «Elle ne figure pas parmi les personnes décédées ou blessées» lors de la prise d’otages et de l’assaut, a expliqué une source proche du dossier. » Pour ce qui est du montage de la « vidéo posthume », il est évident que Hayat n’en est pas l’auteure, pourtant, elle est toujours recherchée. Enfin, policiers et journalistes reconnaissent que Hayat avait quitté la France bien avant les événements tragiques. Elle n’ assisté ni à l’attaque à Charlie Hebdo, ni au meurtre de la policière, ni à la prise d’otages, ni au tournage de la vidéo. Pourtant, le 9 janvier, la police avait dit qu’elle est armée et dangereuse. Quand et comment la police a-t-elle su cela ? Après l’assassinat de la policière ? Non. Parce qu’elle n’était pas en France depuis au moins une semaine. Avant janvier ? La police sait que telle personne est armée et dangereuse, mais la laisse circuler tranquillement jusqu’à aller prendre l’avion, alors que son complice a été identifié et neutralisé en moins de vingt-quatre heures. C’est absurde.

Comme pour enfoncer le clou, les médias ne se lassent pas de nous montrer la photo d’une femme voilée s’amusant à tirer à l’arbalète. On voit aussi Amedy, sur d’autres photos, avec l’arbalète. Mais des gens s’amusant à tirer à l’arbalète, il y a en des millions dans le monde. En France, la vente, l’achat, tout comme la détention d’arbalète est libre. « Metronews » écrit : « Les enquêteurs ont récupéré des clichés – diffusés par le Journal du Dimanche, montrant Amédy Coulibaly et Hayat Boumediene ensemble, lors d’un séjour dans le Cantal en 2010, maniant une arbalète dans les champs. » Ailleurs, on lit : « Hayat Boumediene, 26 ans, compagne de Coulibaly posant volontiers voilée avec son arbalète. », « Amedy Coulibaly s’entraîne au tir à l’arbalète dans un bois du Cantal en 2010. » Étrangement, ils ne précisent pas qu’ils tiraient sur un tronc d’arbre comme le font des milliers de personnes et ne disent pas à qui appartenait l’arbalète. Mais où est le problème ? Des terroristes ne posent pas avec une arbalète, mais avec des pistolets, des Kalachnikov, des lance-roquettes… Et puis, de toutes les victimes, y en a-t-il une qui a été tuée ou blessée avec une arbalète ? Et enfin, un terroriste qui prépare des attentats de grande envergure ne s’entraine pas avec une arbalète. Heureusement que Hayat et Amedy ne pratiquait le tir sportif, comme cet otage de l’épicerie nommé Nessim Cohen qui dit : « Soudain, j’ai entendu une très forte détonation. Pratiquant le tir sportif, j’ai immédiatement pensé à un coup de feu. »

Dans un article repris par beaucoup de médias, un nommé Olivier Toscer écrit que « Hayat Boumediene, 26 ans, présente un profil d’habituée de la mouvance islamiste radicale. La compagne d’Amedy Coulibaly, le terroriste responsable de la prise d’otages de la Porte de Vincennes est une adepte du voile intégral depuis mai 2009. Une pratique qui l’a conduite à abandonner son emploi de caissière. Quelques mois plus tard, elle épousait religieusement son compagnon Coulibaly. (…) Hayat Boumediene n’avait pas caché ses convictions islamistes. Ne cachant pas ses projets de départ à l’étranger dans un pays arabophone « pour parfaire sa connaissance de l’arabe littéral », elle avait aussi refusé de condamner les attentats d’Al Qaïda. Elle préférait évoquer « les innocents tués par les Américains » et remettait en question les informations fournies par les médias occidentaux. »

Le procureur de la République de Paris fait savoir que Hayat Boumediene et la femme d’un des frères Kouachi ont échangé plus de 500 coups de téléphone en 2014. Alors là, la messe est dite. Les deux femmes sont donc très proches, tout comme leurs maris sont amis, et elles sont, elles aussi, de redoutables terroristes.

Mais que disent les proches de Hayat ? Ils affirment, tous, que c’est une jeune femme très pieuse dont la religion est la principale occupation, ses projets étant : accomplir le pèlerinage à la Mecque (ce qu’elle fit en 2013) et vivre dans un pays arabophone pour parfaire sa connaissance de cette langue et mieux comprendre le Coran. Elle a même préféré perdre son boulot de caissière plutôt que de ne pas porter le voile. « Voile intégrale » lit-on, mais sur la plupart des photos, on voit bien son visage. Est-ce ça que les journalistes qualifient de conviction islamistes et d’islamisme radical ? Ou est-ce parce qu’elle doute des informations fournies par les médias occidentaux ? Dans ce cas, les islamistes sont bien nombreux.

Ici, il est important de signaler une information que ceux qui présentent Amedy Coulibaly comme un musulman fanatique au point de devenir djihadiste et de recruter à la sortie des mosquées font semblant d’ignorer. Hayat Boumediene n’a jamais été condamnée pour des faits de délinquance, mais elle avait été entendue en 2010 dans le cadre d’une enquête concernant son mari qualifié par « France 24 » de « délinquant multirécidiviste (braquages, vols aggravés…) ». Interrogée par la police, Hayat avait dit entre autres : « Amedy n’est pas vraiment très religieux. Il aime bien s’amuser, tout ça. Il n’est pas du genre à se balader tout le temps en kamis, la tenue traditionnelle musulmane masculine, etc. (…) Normalement, c’est une obligation pour les hommes d’aller à la mosquée le vendredi à la prière. Amedy, il s’y rend selon son emploi du temps, mais je dirais qu’en gros il y va toutes les trois semaines… »

Les réponses de Coulibaly aux policiers font écho à ces propos. « J’essaie de pratiquer le minimum obligatoire comme la prière, le ramadan, etc. J’essaie d’avancer avec la religion mais je vais doucement. – Que savez-vous des dissensions entre les chiites et les sunnites ?, demandent les enquêteurs.

– Je n’en sais rien. Je ne me casse pas la tête avec cela, c’est de la perte de temps. »

Mais des « spécialistes » avaient commenté : « Tout ceci n’est peut-être que de la poudre aux yeux – la « taqiya », l’art de la dissimulation prônée par le mouvement radical takfir enseigné par Djamel Beghal. » Ses proches disent qu’il était juste un musulman sans plus, mais « Le Monde » nous apprend qu’il masquait à ses proches sa radicalisation. Sur la deuxième et aussi sur la dernière séquence sa « vidéo posthume », on le voit donc habillé « en musulman ». Sur la deuxième, on le voit djihadiste, avec bandeau autour de la tête et tout. Dans cette mise en scène, il ne manque que la barbe, car un djihadiste sans barbe, ce n’est pas très courant. Revenons à Hayat. Peut-être parce qu’elle était avec un Noir ou pour d’autres raisons, les ponts étaient coupés entre son père et elle. Puis, quand elle a voulu aller à la Mecque pour le pèlerinage, elle a tenu à se réconcilier avec lui. Un proche explique : « Elle voulait lui parler et renouer avec lui avant de partir en voyage à La Mecque. Pour les musulmans, ça ne sert à rien d’aller à La Mecque si tu es en froid avec tes parents. » Et quand ce père a appris que sa fille est recherchée par toutes les polices de France, « il était sous le choc. Il ne croit pas du tout qu’elle puisse être mêlée à cette histoire. »

Une amie de Hayat restée proche avec elle depuis l’enfance, a lancé un appel bien médiatisé à cette dernière, l’implorant « de se livrer à la justice de son pays ». Naturellement, les journalistes en ont profité pour la faire parler. Elle peine à croire à l’implication de la jeune femme dans les crimes attribués à son mari. Elle dit : « Hayat a du caractère. C’est elle qui a choisi d’être de plus en plus pieuse. Mais, paradoxalement, c’est une fille fragile émotionnellement. Elle est câline, parfois un peu gamine, pleure souvent et a peu confiance en elle. Quand elle s’emporte contre vous, elle vient s’excuser ou s’inquiète de savoir si elle vous a blessé. Elle demande souvent quels sont ses défauts, ce genre de choses. Elle est incapable d’avoir organisé de telles horreurs. » Parlant des relations entre Hayat et Amedy, elle dit : « Ils étaient extrêmement amoureux et fusionnels. Ils étaient tout l’un pour l’autre. (…) Elle était tellement proche d’Amedy qu’il l’a forcément tenue au courant de ses projets. »

Ce qui surprend, c’est que ceux qui ont fait de Hayat un danger public n’en démordent pas. Récemment, on a lu dans la presse : « Hayat Boumediene : fausse alerte à Disneyland Paris, une partie du parc évacuée. » Fausse alerte à la bombe, on aurait compris, mais là…

Tenez, nous disions plus haut que le procureur avait déclaré que Hayat et l’épouse de Chérif Kouachi avaient échangé plus de 500 coups de fil en 2014. Eh bien, madame Kouachi avait été placée en garde à vue mercredi soir, jour de l’attaque à Charlie Hebdo. Après 72 heures d’audition, on l’avait relâchée sans poursuite. Elle n’était au courant de rien. Elle ne savait même pas que son mari était un terroriste. « Elle a été stupéfaite quand les policiers lui ont appris les soupçons qui pesaient sur lui. C’était pour elle quelque chose d’inimaginable. Elle a également subi un second choc en apprenant son décès. » Pour ce qui est des 500 appels en 2014, l’avocat de la jeune femme avait déclaré : « C’est un élément du dossier auquel nous n’avons pas accès ». Depuis, on n’a plus parlé de ces coups de fil, mais on a « trouvé » d’autres choses.

Les policiers français sont les meilleurs au monde. Et comme les journalistes français sont aussi les meilleurs au monde, ça fait une bonne paire. On a même l’impression que les journalistes jouent le rôle des policiers et ces derniers celui des journalistes. Des médias qui ont des « sources proches de l’enquête » avaient dit que Hayat a quitté la France depuis le 2 janvier 2015. D’autres avaient dit « début janvier ». On lit ensuite : « Une source policière citée par l’AFP a expliqué qu’Hayat Boumediene était en Turquie « depuis un certain temps ». Selon Lemonde.fr et RTL, elle a pris place sur un vol Madrid-Istanbul le 2 janvier. RTL ajoute qu’elle aurait été aperçue passant la frontière entre la Turquie et la Syrie le 8 janvier. Soit le lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo, et le jour de celle contre la policière de Montrouge. » Attendez. Cette belle paire, policiers-journalistes, nous dit avec exactitude quand elle est arrivée en Turquie et quand elle est entrée en Syrie, mais n’arrive pas à nous dire quand elle a quitté la France. N’est-ce pas étrange ? Mais quand ils liront ce texte, j’espère qu’ils trouveront une date. Et comme on n’a aucune trace de son passage à Madrid, on nous dit qu’il doit y a avoir un réseau terroriste qui l’avait accueillie et cachée. Mais, oui, bien sûr. Il fallait y penser. Et qu’est- elle allée faire en Syrie ? « Le djihad », nous répond-on. Je n’invente rien, c’est dans la presse. En plus, elle est enceinte de cinq mois. Son premier bébé… si on lui donne le temps de naître. Y a pas à dire, plus djihadiste qu’elle, tu meurs. N’était-il pas plus simple pour elle de rester à Paris et de participer aux « attaques bénies » ? On nous apprend aussi que pour aller en Syrie, elle a été aidée par la filière afghane. Ça, c’est du grand terrorisme international. La France, l’Espagne, la Syrie, l’Afghanistan… et quelques jours plus tard, la Belgique, l’Allemagne et la Grèce… Il y a de quoi trembler.

Plus d’une semaine après le début des « opérations », on ne sait toujours pas quand Hayat a quitté la France ni ce qu’elle a fait en Espagne. Enfin, le 15 janvier, des journalistes espagnols viennent à la rescousse. Les Français ont beau être les meilleurs, on a parfois besoin de plus petit que soi. Selon « La Vanguardia », Hayat a séjourné à Madrid du 30 décembre au 2 janvier. Attendez. Cela ne veut pas dire qu’elle a quitté la France le 30 décembre. Que faîtes-vous de la filière terroriste belge ? Il est fort probable qu’avant l’Espagne, elle ait d’abord séjourné en Belgique. Il a été établi par les meilleurs des enquêteurs que la voiture de Hayat a été vendue par Amedy à un trafiquant d’armes belge. Elle doit être bien nantie, cette ex-caissière au chômage. Le procureur nous avait dit que c’est avec une voiture à son nom que son mari s’était rendu à Vincennes pour la prise d’otages. Combien d’autres voitures avait-elle ? La suite de l’enquête nous le dira sans doute. En Belgique, le trafiquant d’armes, « connu des services de police pour son implication dans diverses activités criminelles », aurait, nous dit-on, racheté la voiture en échange d’une série d’armes. « Le Monde » ajoute : « Des quotidiens affirmaient, jeudi matin, que l’homme mis en examen aurait évoqué des Kalachnikov, des explosifs et un pistolet Tokarev, comme celui que détenait le tueur. Et la police de Charleroi aurait retrouvé à son domicile des documents confirmant l’existence d’une négociation portant sur des armes. » Un terroriste et un gangster trafiquant d’armes qui font un deal et établissent des documents pour le confirmer, ça ne doit pas courir les rues. En tout cas, les autorités belges ont déclaré, le 16 janvier, que leurs policiers ont déjoué un attentat de « grande envergure » et qui s’annonçait « imminent ». Deux djihadistes ont été abattus et deux personnes ont été arrêtées en France. Mais, rebondissement dans l’affaire : à la cour, le gangster a nié avoir fourni des armes au terroriste.

Et Hayat dans tout ça ? Qu’a-t-elle fait pour devenir la femme la plus dangereuse et la plus recherchée de France ? Jusqu’ici, rien ne l’implique dans tout cela. C’est alors que les tardives révélations de la « La Vanguardia » sur son séjour à Madrid s’avèrent cruciales. C’est quoi, « La Vanguardia » ? Un quotidien catalan. Madrid n’est pas en Catalogne, me direz-vous. Et alors ? « Le Monde » écrit : « Une enquête a ainsi été ouverte en Espagne sur l’existence d’une cellule de soutien aux auteurs présumés des attentats à Paris, indique jeudi matin « La Vanguardia ». Selon le quotidien catalan qui cite des sources à l’antiterrorisme, cette enquête aurait permis de déterminer que le tueur de Montrouge et auteur de la prise d’otage à Vincennes, a séjourné à Madrid du 30 décembre au 2 janvier, en même temps que sa compagne. » « TF 1 » précise que ce jour-là, « Amedy Coulibaly, avait conduit cinq personnes à Madrid, en Espagne, juste avant de commettre ces attentats meurtrières. Connues des services de police pour des affaires liées au terrorisme, ces personnes avaient l’intention de rejoindre la Turquie. » « L’Express » détaille que ces cinq personnes étaient « Hayat Boumediene et quatre autres personnes dont les frères Belhoucine. » Et « Le Monde » de poursuivre : « Le 2 janvier, Amedy Coulibaly est par ailleurs revenu en France accompagné d’un individu encore non identifié… » Ceci « prouve » que Hayat est impliqué dans les attaques, pas directement mais dans leur préparation. Dommage qu’on n’ait pas encore aperçu les frères Kouachi en Espagne ou en Turquie. Mais la suite de l’enquête nous réserve sans doute d’autres informations cruciales.

Le 16 janvier, on lit sur le site de « L’Express » : « L’étau se resserre autour des complices présumés d’Amedy Coulibaly, l’assassin de la porte de Châtillon, à Paris, le 8 janvier et de l’hypermarché Cacher de la porte de Vincennes, le jour suivant. Dans la nuit de jeudi à vendredi, huit hommes et quatre femmes, proches du milieu du banditisme, ont été arrêtés à Montrouge, Châtenay-Malabry, Fleury-Mérogis, Epinay-sur-Seine et Grigny, en région parisienne. La police judiciaire (PJ) cherche à démanteler la logistique dont a bénéficié le terroriste se réclamant de l’État islamique, pour se fournir en armes mais aussi pour assurer dans ses déplacements. Les enquêteurs sont notamment sur la piste d’une Renault Megane et d’une moto Suzuki de forte cylindrée. Vers 4 heures, ils ont interpellé l’un des amis d’Amedy Coulibaly qui pourrait les lui avoir fournies ou, en tout cas, les avoir eu en sa possession. Ce volet de l’enquête a commencé dès que le tueur de la porte de Vincennes a été neutralisé par le Raid et la BRI, le 9 janvier, peu après 17 heures. Sur lui, on a en effet découvert deux clefs, l’une correspondant à une voiture, l’autre à une moto. La Renault a été rapidement retrouvée à proximité de l’Hyper Cacher. Elle aurait été vendue à la fin du mois de novembre dernier au proche de Coulibaly interpellé la nuit dernière. (…)Les découvertes de ces dernières heures constituent une avancée importante dans l’enquête pour comprendre quand les attentats ont été fomentés, comment et où le terroriste s’est déplacé. Et surtout si un complice l’accompagnait dans ses crimes. » Il est fort probable qu’on « découvre » que ce complice était Hayat Boumediene. Seulement, cette « information » de dernière minute risque de compliquer les choses, car le procureur avait laissé croire que la voiture appartenait à Hayat et maintenant on nous dit qu’elle appartient à un proche d’Amedy, « interpellé la nuit dernière ». En tous cas, on s’imagine que toutes ces personnes interpellées ont dû répondre à la question : « Où est Hayat ? »

Qu’a fait Amedy après ce « retour » en France ? « La bonne paire » nous apprend qu’il avait une planque à Gentilly où un arsenal a été découvert le lendemain de sa mort. On lit sur le site de « Le Parisien » : « La police judiciaire parisienne a découvert samedi après-midi la planque d’Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et Vincennes, révèle Europe 1. La brigade criminelle a investi hier un appartement situé à Gentilly dans le Val-de-Marne, que le terroriste avait visiblement loué pour une période allant du 4 au 11 janvier… » Est-il fréquent de louer en région parisienne un appartement pour une semaine ? Mais surtout, qui lui avait loué cet appartement ? Pourquoi personne ne parle de lui ? Avec tous les vrais et faux témoignages que nous avons entendus, le sien méritait bien d’en faire partie. « Le Point » parle de l’appartement : « C’est là qu’ont été retrouvées une carte vitale et une carte d’identité à son nom, de même que quatre autres pistolets Tokarev, un revolver, des munitions, des téléphones, des bombes lacrymogènes, un gyrophare, un gilet tactique, des jumelles. » On dirait un équipement de policiers. « Le Point » continue : « Se trouvaient également dans l’appartement un Coran et des bannières semblables à celles utilisées par le groupe EI, comme celle accrochée derrière l’homme revendiquant l’attaque de Montrouge sur la vidéo postée dimanche matin. » Ah ! On trouve enfin l’endroit où au moins une des séquences de la « vidéo posthume » a été filmée. Mais comment se fait-il qu’aucun voisin, habitant de l’immeuble, de la rue ou du quartier n’a témoigné avoir vu quelqu’un ou entendu quelque chose pendant cinq jours où Amedy sortait pour tirer sur des gens comme le joggeur et la policière ou pour piéger des voitures à l’explosif et ensuite retourner dans sa planque ? Sans oublier qu’un ou plusieurs complices s’y étaient rendus pour le filmer. Bizarre…Tenez, parlant de cette vidéo, vous souvenez-vous de la séquence dans la cour d’une prison ?

Et si Hayat s’était enfuie après un kidnapping ou une arrestation de son mari en décembre ? Jusqu’ici, rien ne fait de cette jeune femme une personne coupable ou dangereuse. Et quand on sait qu’elle connait tout de son mari qu’on a abattu les mains liées en nous disant qu’il est mort l’arme à la main, fonçant en tirant sur les policiers, on n’a pas besoin d’avoir un esprit tordu pour penser qu’on veut juste l’empêcher de parler et que si on met la main sur elle, on ne nous la présentera pas vivante, mais « morte en martyr », probablement avec son bébé dans le ventre.

On a aussi le droit de penser que quatre juifs ont été tués dans l’épicerie à Vincennes, mais pas par un terroriste noir et musulman. Idem pour Clarissa Jean-Philippe, cette femme noire (policière) lâchement assassinée à Montrouge.

Bathie NGOYE

 

A méditer


06/08/2015
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